"Dans Summer’s Camera, Divine Sung signe un drame lycéen d’une délicatesse rare, où la mémoire, l’amour et l’héritage familial s’entrelacent à travers le prisme d’un vieil appareil photo argentique. Dès les premières secondes, la voix off de Summer nous plonge dans l’intimité de son monde : son père, récemment disparu, avait pour habitude de lui léguer les appareils photo de toutes les époques qui l’avaient précédé. L’appareil de son adolescence devient alors le cœur de l’histoire – à la fois objet, témoin et métaphore de la transmission, mais aussi passerelle vers un père absent dont l’ombre se fait ressentir dans chaque image."
"La réalisatrice explore également le coup de foudre adolescent entre Summer et une fille passionnée de football. Elle vit dans le mouvement, dans la course et la vitesse, cherchant à ralentir le temps à travers l’élan, tandis que Summer fige les instants, tentant de retenir ce qui passe trop vite. Leur relation devient un dialogue silencieux entre deux manières de saisir le monde : la fluidité du corps et la fixité de l’image, un équilibre fragile entre vitesse et arrêt sur image. L’homosexualité est abordée avec naturel et simplicité : banalisée, assumée, mais surtout vécue à hauteur de lycéens, avec un accent sur l’acceptation et l’émancipation qui rappelle certaines scènes fortes de La petite dernière. Les mots et les gestes créent une intimité fragile, juste, qui se joue entre ce qui est dit et ce qui reste indicible."
"Ainsi,Summer’s Camera est un hommage sensible et contemplatif à l’adolescence, à la mémoire familiale et à la puissance de la photographie comme outil de transmission. Un film à savourer lentement, dont la beauté réside autant dans ce qu’il montre que dans ce qu’il suggère, et dans la manière dont chaque instant capturé résonne longtemps après que l’écran s’éteint, révélant peu à peu le poids, la tendresse et les secrets de ceux qui nous ont précédés."
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