En voilà un film d’animation qui part dans tous les sens ! C’est le « presque deuxième » long métrage d’Hosoda et sûrement le plus surprenant ! On fait la connaissance de Kenji qui n’est ni guitariste, ni chanteur pour minettes, bien au contraire. Cet ado introverti, geek et doué en maths va passer un week-end dans la famille de la plus belle fille du lycée à l’occasion de l’anniversaire de la grand-mère. Elle, c’est le chef de clan, l’héritière d’une longue lignée de Samouraïs. Pendant ce temps-là, un étrange bot omnipotent attaque le principal réseau social au monde. En route pour l’apocalypse. On met un moment à comprendre où on va car on navigue entre plusieurs intrigues et plusieurs degrés de réalité. Le récit mise sur plusieurs jeux. Celui de l’humour d’abord, volontiers potache mais qui fonctionne plutôt bien. Celui du film d’action ensuite via le combat titanesque qui se joue dans la matrice. Cette partie est à rapprocher d’un genre typiquement japonais qui rappelle Yu-Gi-Oh et ce genre de trucs. Pas fan en ce qui me concerne. C’est aussi une réflexion bienvenue sur le monopole de certains réseaux et les risques que comporte l’accaparement des données par une entité non contrôlable. C’est enfin une chronique sociale à la fois féroce et tendre sur la famille japonaise. C’est probablement cette partie qui est la plus intéressante. On y retrouve l’attrait d’Hosoda pour le repas et sa préparation. Ça peut faire songer à une comédie de mœurs à la française dans laquelle toute la famille se réunit et se retrouve à régler ses comptes et à gérer ses rancœurs. Comme souvent chez Hosoda, la question de l’héritage et de la transmission est sur la table. La filiation est toujours celle que l’on choisit. Bref, si on parvient à trouver des points d’accroche à l’un ou l’autre des thèmes du film, c’est clairement un bon moment qui recèle de richesses cachées. Et du côté de l’animation, c’est un sans faute. Alors qui veut tenter l’aventure ?