Le point de départ du film est plaisant autant qu'insolite en ce que la rencontre fortuite entre les deux personnages principaux est le fait de la méprise de l'un, suivie de l'imposture de l'autre. L'actrice de second plan Madeleine croit reconnaitre dans la rue un de ses anciens metteurs en scène.
Jonathan Nossiter raconte l'histoire d'un jour entre deux êtres dans l'automne de leur vie que leur commune vulnérabilité affective et la solitude rapprochent. Sans qu'on sache si ce dimanche où il se sont abouchés sera suivi par d'autres.
Le quartier délabré du Queens prête son décor bien assorti à une chronique de la solitude. Mais d'où vient qu'en dépit de la justesse et de la sensibilité de l'interprétation, j'ai été peu touché par le sort des deux protagonistes ?
Probablement d'un certain maniérisme de la mise en scène et de sa structure un peu confuse, comme elliptique, qui obscurcit le propos, fragmente les portraits. Les bribes de conversation entre Oliver et Madeleine, si elles dévoilent l'essentiel de leur état, ne nous enseignent guère sur leur personnalité. A moins que m'ont échappé quelques-uns des indices psychologiques que le cinéaste dépose au long de ce film volontiers mélancolique et intimiste, très éloigné de l'éloge de l'Amérique triomphante.