On a souvent lu et entendu que le cinéma d’Hong Sangsoo s’inspire de celui d’Eric Rohmer. Je ne suis pas toujours d’accord, néanmoins, si l’un de ses films s’en rapproche, ce serait bien celui-ci, Sunhi ou plutôt Our Sunhi (puisque le titre international semble reprendre exactement le titre original) collant davantage au récit de ce personnage féminin qui croise trois personnages masculins, un ex et deux (futurs) amants. Les hommes ici gravitent autour de « leur » Sunhi. On les voit autant qu’on la voit, en définitive on les voit trois fois plus. Or ils sont si interchangeables qu’ils définissent leur (non) promise de la même manière, avec les mêmes mots. Sunhi serait donc le Conte d’automne, d’Hong Sangsoo. Les tons sont pourpres, ocres, bruns, gris souris. Dehors, dedans. Dans le paysage, sur les personnages. Sunhi est étudiante en cinéma. Elle est de retour pour demander à un professeur de lui écrire une lettre de recommandation pour une université américaine. Parallèlement, elle va recroiser un ancien amour puis faire la rencontre d’un autre professeur. Tous trois vont tenter de nouer ou renouer davantage avec Sunhi. Tous trous sont relativement sinistres et pathétiques, jusque dans leurs paroles interchangeables, quand Sunhi demeure opaque, mystérieuse, mais bien vivante. Véritable dernier soleil de l’automne. C’est un beau film sur la solitude, peut-être un peu rêche par instants mais au moment où il se meurt lentement, il offre une dernière longue et merveilleuse séquence au palais de Changgyeonggung, qui n’est pas sans rappeler le final lumineux aux étangs de Cergy dans L’ami de mon amie, d’Eric Rohmer.