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le 24 mars 2015
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Le voyage spatial de Danny Boyle s'impose d'emblée comme une œuvre de science-fiction fascinante, un huis clos psychologique et contemplatif magistralement mis en scène. Visuellement, le film est une claque, la photographie joue brillamment sur le contraste entre l'immensité oppressante de l'espace, la claustrophobie des couloirs de l'Icarus II et la puissance aveuglante de ce soleil mourant.
Pourtant, le film s'abîme dans une rupture de ton aussi brutale qu'incompréhensible lors de son dernier tiers. L'intrusion du "cinquième passager", le capitaine Pinbacker, vient pulvériser l'ambiance si minutieusement installée pour basculer vers un slasher horrifique de série B. C'est d'autant plus frustrant que la pression psychologique, l'isolement et les dilemmes moraux de l'équipage suffisaient amplement à créer un drame parfait.
Ce virage narratif s'accompagne d'un parti pris de mise en scène radical et frustrant. En filmant cet antagoniste à grand renfort d'objectifs déformants, d'effets de flou et de plans stroboscopiques saccadés, Danny Boyle détruit l'esthétique épurée du début. Là où la folie interne de l'équipage aurait suffi à créer une fin tragique, le film choisit la menace physique stéréotypée.
Si Sunshine ne sombre pas totalement dans ce dernier acte, c'est grâce à un pilier monumental : sa bande originale. La partition de John Murphy et tout particulièrement l'inoubliable "Adagio in D Minor", agit comme un fil de sécurité émotionnel. Cette création originale, pensée pour monter crescendo jusqu'à l'apothéose, réussit l'exploit de préserver la dimension mystique et poétique du voyage malgré les errances du scénario. Là où l'image s'égare dans l'horreur visuelle, la bande-son maintient une mélancolie atmosphérique épique qui redonne une ampleur solennelle aux ultimes sacrifices de l'équipage.
En définitive, Sunshine est un film mutilé par son propre climax, sacrifiant sa profondeur psychologique sur l'autel de la tension horrifique. Il en reste néanmoins une expérience cinématographique marquante dont la perfection sonore et les fulgurances visuelles parviennent, malgré tout, à laisser une empreinte indélébile.
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il y a 5 jours
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