Sunshine m'avait été présenté sous deux aspects, deux alternatives extrêmes :
- ou c'est un chef d'oeuvre de poésie et d'onirisme spatial
- ou c'est une merde sans nom.


J'attends toujours quelque chose de la part de Danny Boyle, dont les premiers films restent résolument les meilleurs. L'économie de moyen lui va si bien.
Utilisant on ne peut plus les effets spéciaux le réalisateur anglais en fait une overdose.
Visuellement, même s'il peut être sublime parfois, son film est profondément indigeste. Débauche d'effets, de brouillons d'images, de violence des couleurs purement insupportable car au service de rien.
Ils sont là les effets, certes, on ne pourrait les louper. Mais ils ne sont là pour rien.
Alors qu'on aurait pu se contenter d'une sobriété la plus totale qui glacerait le sang et émerveillerait nos pupilles (comme un Nolan avait pu à sa manière le faire dans Interstellar) ici, Boyle opte pour la surcharge et noie littéralement son film. Vomitif, il n'est malheureusement pas aidé par tout le reste.
L'intrigue, peu originale mais au demeurant très plaisante à la base, se révèle d'une mièvrerie remarquable. Le film n'aborde qu'en effleurant les sujets qu'il approche (dieu, introduit de manière extrêmement lourdaude par le méchant le plus pitoyable du siècle, Mark Strong en une momie ridicule) et en les immergeant là encore dans une bouillie de dialogues bavards à pleurer.
En effet le film se perd totalement en ne se concentrant JAMAIS sur ce qu'il tente de montrer.
Pour Boyle il y a toujours quelque chose d'autre à aller voir.
D'où une intrigue parfois dure à suivre.
D'où une bouillie d'effets et de grands plans immenses qui coupent inutilement et en permanence des scènes d'action.
D'où un style très vite lassant.


Le casting quoique hétéroclite est tout simplement mauvais. Les acteurs sont souvent très nuls (triste de dire ça pour une Michelle Yeoh par exemple) et leur jeu ne convainc jamais.
On en vient à rire beaucoup trop souvent.
Et même si le travail des effets sonores est tout simplement grandiose et que les effets spéciaux sont puissants, tout cela ne parvient pas à relever ce film abyssalement frustrant qui entreprend de réaliser l'impossible : initier en même temps un film hollywoodien à la Armagedon et une oeuvre spirituelle et mystique à la 2001.
Sans jamais bien réussir dans les deux.

Créée

le 28 mai 2015

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