Dans les années 1980, Anna Federova (Milena Radulovic) est une épidémiologiste soviétique. Le soir du nouvel an, son supérieur, le colonel Morozov, lui demande de l'accompagner pour une mission urgente. Escortés par quelques soldats, tous deux se rendent en hélicoptère à la station de forage de Kola, située dans le cercle arctique. Il s'avère qu'un laboratoire, installé plusieurs kilomètres sous terre, y effectue des recherches ultra-secrètes. Or depuis que des sons d'une origine inconnue ont été enregistrés dans les profondeurs, le site est mis en quarantaine. Une fois sur place, Anna et le colonel découvrent une situation particulièrement inquiétante...
Réalisé par Arseny Syushin, "Superdeep" (2020) me semble assez représentatif des défauts et des qualités caractérisant la majeure partie du cinéma de genre russe contemporain.
Principale faiblesse : un manque d'originalité scénaristique. Ici, le scénario s'inspire ouvertement de "The Thing" auquel il ajoute le mythe du "Puits vers l'Enfer" : d'après une légende urbaine des années 80-90, les savants soviétiques travaillant au forage de Kola, le plus profond du monde, y avaient enregistré des cris provenant de l'enfer (pour l'anecdote, elle a depuis été débunkée et l'on sait que l'enregistrement diffusé sur le net était en réalité...un remix de cris issus de "Baron Vampire", le film de Mario Bava). Cette idée n'est pas mauvaise en soi, mais le déroulement de l'intrigue reste extrêmement prévisible et manque parfois de crédibilité.
Principal atout : une mise en scène et une photographie soignées. Les qualités esthétiques de la réalisation instaurent une atmosphère anxiogène et intrigante. D'ailleurs, les effets spéciaux du type horror body sont objectivement plus réussis que ceux de nombreuses productions US au budget bien plus élevé.
Très sobre, le jeu de Milena Radulovic est convaincant et totalement en phase avec son personnage de scientifique partagée entre ambition professionnelle, obéissance à sa hiérarchie et remise en question éthique. La jeune actrice serbe a en outre participé à l'écriture du script.
Malgré le caractère convenu et sans surprise de l'intrigue, "Superdeep" ne mérite pas des notes aussi négatives et vaut globalement le détour. Mais "Sputnik _ espèces inconnue", sorti la même année, est nettement meilleur et constitue sans doute la plus belle réussite du cinéma de SF russe contemporain.