Supervénus dure très peu de temps, et ne se centre que sur une chose : l'évolution des canons de beauté féminins d'un œil loin d'être neutre. Le plan est constitué d'une silhouette fixe, presque immobile, et tout est basé sur la répétition et l'attente du "plus". Autrement dit, heureusement qu'il ne dure que 3 minutes.
Présenter cette démarche via un atlas d'anatomie symbolise parfaitement, sans casser le rythme de l'illustration figée, l'aspect normatif de cette évolution. Le rythme et le visuel sont volontairement angoissants, mettant en valeur la dimension malsaine de la perception du corps féminin et des attentes qui y sont propres.
Selon moi, ce court-métrage réussi son pari et a l'avantage d'avoir un véritable propos. Il est parfait pour ce qu'il est, mais ce qu'il est, à savoir un plan sur une silhouette qui subit une succession de transformations ne peut frôler la perfection de part sa forme et son format.