Le film est souvent présenté comme un western alors que c'est une fresque historique en costumes située en 1776 pendant la guerre d'Indépendance américaine, la période classique du western se situant aux alentours de la guerre de Sécession, c'est à dire à partir de 1865 jusqu'à l'aube du 20ème siècle. C'est aussi un film d'aventure situé à une période peu représentée au cinéma, surtout dans ces années d'avant-guerre, mais c'est surtout le premier film en couleurs de John Ford, qui se place entre deux grands films : Vers sa destinée en 1939 et les Raisins de la colère en 1940. Ford y retrouve Henry Fonda, mais son film ne possède pas l'émotion et le lyrisme qu'on retrouvera dans de grands westerns comme la Charge héroïque ou la Prisonnière du désert. Le scénario y semble moins sensible et moins travaillé.
Produit par Darryl Zanuck, le film a bénéficié cependant d'importants moyens, Ford auréolé du succès de la Chevauchée fantastique, avait à ce moment toute liberté d'expression et de création. A partir d'un banal film d'aventure, il a brossé une attachante reconstitution des activités des pionniers avant la guerre d'Indépendance, inquiétés par la menace indienne, alternant avec des épisodes sentimentaux. En mêlant action, danger et romanesque, c'est là où Ford verse un peu dans le mélodrame rehaussé par l'intensité dramatique, mais ça reste une bonne description d'une page de l'Histoire américaine. Le style du réalisateur est reconnaissable dans sa manière de décrire les scènes d'action et dans la tendresse qui unit des personnages que la guerre va séparer.
L'autre petit défaut, c'est que Claudette Colbert, si remarquable dans la comédie, n'est pas une héroïne fordienne, ce qui handicape un peu la crédibilité du couple qu'elle forme avec Fonda. Mais malgré cela, Ford réunit ses acteurs fétiches comme Ward Bond ou John Carradine, et même si Sur la piste des Mohawks reste un film mineur dans sa filmo, il bénéficie d'une superbe photographie mise en valeur par le Technicolor de l'époque, et d'une belle musique d'Alfred Newman. C'est un bel album d'images à la fois tragique et émouvant qui n'est pas à éviter.

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le 24 janv. 2018

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