On se souvient encore de Carnet de voyages de Walter Salles. Ce voyage initiatique où le jeune Ernesto Guevara rencontra son destin. De voyage, il en est question dans son nouvel film, Sur la route.

Mais pas un banal voyage. Celui-ci entre en résonance avec toute une génération. Celle que l'on nomme Beat generation, évoquant le rythme effréné du jazz. Le réalisateur tente de retranscrire les sensations d'élan et d'abandon que le livre de Kerouac, dont il s'inspire, nous offrait. Celui d'un récit sur l’errance, d'un abandon au hasard, avec ses moments d'euphorie, mais aussi ses passages à vide, ses instants de spleen, ses échecs.


Le challenge était énorme, et le risque de trahir l'œuvre est proche. Le manuscrit de Kerouac, par sa structure et son atmosphère sont réputés inadaptables... Le réalisateur n'avait donc pas le droit de se chier dessus.

Plutôt que de faire un énième road movie façon Into the Wild, Walter Salles tente de se concentrer sur les personnages. Le voyage est mis au second plan afin de se focaliser sur les individus. Le film tente de montrer la fuite en avant qui anime Sal, Dean et Marylou. Malgré tout le mythe autour de la Beat generation, il faut bien comprendre qu'on est loin des hippies qui tentent un voyage initiatique.

La peur anime ces gens. La peur d'être banal. Fuir ce monde absurde devenant une nécessité. Et devant cette société folle et sans imagination, il n'y a que la révolte. Mais loin d'avoir une attitude négative et destructrice, ils choisissent de jouir de la vie. De brûler, quitte à se consumer. C'est ce que tente de montrer le réalisateur au travers de ses scènes « d'intérieur ». Même si parfois, le réalisateur oublie la passion qui anime ces vagabondages. C'est alors que des longueurs s'installent, et il y a cette impression de tourner en rond en arrière goût. Faut dire que le roman se veut libre de tout schéma narratif...

Au final, on ressort enthousiaste mais il y a quelque chose qui nous échappe... Un sentiment d'inachevé. On aurait aimé vivre pleinement ces voyages... Mais parfois, les images ne remplacent pas les mots, et je vous laisse avec la citation de Kerouac :
« Les seuls gens vrais pour moi sont les fous, ceux qui sont fous d'envie de vivre, fous d'envie de parler, d'être sauvés, fous de désir pour tout à la fois, ceux qui ne baillent jamais et qui ne disent jamais de banalités, mais qui brûlent, brûlent, comme des feux d'artifice extraordinaires qui explosent comme des araignées dans les étoiles, et en leur centre on peut voir la lueur bleue qui éclate et tout le monde fait Waouh ! ».

Une critique par tsointsoin du blog format 35
overcube
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le 9 janv. 2013

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