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le 8 janv. 2012
SuivreAh ouais quand même !
Sur le globe d'argent est un film de science fiction polonais inachevé de 78, le tournage fut stoppé et le film ne sortit que 10 ans plus tard, les trous sont comblés par des descriptions de Zulawski...
Quel énorme gâchis, non pas à cause des 20 % manquants, que je trouve personnellement anecdotiques.
Les ajouts permettent certes de raccorder un film qui est déjà volontairement décousu, mais foutu pour foutu, autant ne rien comprendre. Parce que je veux bien savoir que tel personnage soit mort d'une crise cardiaque, mais autant couper ce personnage qui, finalement, ne sert à rien. Je pense qu'il aurait fallu réduire le montage au lieu de rajouter des scènes en voix off qui ont l'air de citer directement le livre.
En plus, on a droit à des explications sur les coulisses du film. Autant les réserver à un bonus DVD que les incorporer au film. Mais bon, c'est Żuławski, son ego a dû être perturbé.
Bref, parlons du film. D'une ambition folle, l'idée de départ est superbe, suivre des astronautes échoués sur une planète similaire à la Terre qui vont, petit à petit, reconstruire une civilisation.
Déjà, il y a un problème, une seule femme, qui visiblement n'aura que deux enfants. Les autres viennent d'où ? Ils étaient déjà là ? Aucune explication...
Donc, le fils de l'astronaute va créer une religion. Puis l'homme à la caméra, qui est à la base la façon dont le film veut être mis en scène, façon documentaire, avec un personnage qui filme tout et dont on ne voit jamais le visage. Super idée, qui va être abandonnée une fois que ce personnage voudra devenir une sorte de dieu, le dernier survivant des astronautes.
À partir de là, ça se complique. Un nouvel astronaute arrive, il devient complètement cinglé, mais tout le monde a l'air cinglé. On peut se dire qu'à force de consanguinité, le peuple ne doit pas être très net, mais lui est censé représenter la science et la connaissance. D'ailleurs, les quelques scènes sur Terre nous montrent un monde dévasté où il y a aussi des autochtones, ça semble assez bizarre, mais jamais développé (autant supprimer ces passages).
Le nouvel astronaute vu comme un messie, alors il va avoir des idées de grandeur pour finalement finir comme Jésus. (Paul Atréide bis). Il y a un autre personnage qui est introduit qui vient donc de la terre, qui ne sert à rien, juste être témoin de la mort du messie.
L'allégorie du christianisme est à peine déguisée. C'est un sujet vaste et profond, sur l'humanité et le rapport à la religion. C'est formidable. Alors c'est quoi le problème ? Eh bien, c'est Żuławski...
Son style théâtral, outrancier, qui aime bien quand ses acteurs pètent les plombs, abîme grandement le film, qui aurait pu être plus sobre et digeste. Mais non, c'est la folie des grandeurs, ce qui donne des images sublimes, d'une grande beauté, des tableaux vivants magnifiques et des moments totalement gênants, tant le film nous rabâche continuellement des textes pseudo-philosophiques.
N'est pas Tarkovski qui veut. Żuławski n'a jamais été un réalisateur fin, il est souvent grotesque et vulgaire. (il suffit de voir ses films français.)
La photographie est formidable, avec ses bleus étranges. Les acteurs sont constamment peints, et ces peintures évoluent au fil du temps, cela devient même horrifique. Les hommes-oiseaux sont sublimes, les costumes sont parfaits. Les tenues des astronautes, qui ne sont jamais les mêmes afin de montrer l'évolution, rappellent celles de Dune de Lynch.
C'est un chef-d'œuvre esthétique indéniable, mais le film s'enfonce à cause de sa narration, de son montage et de ce sentiment d'être devant du théâtre filmé.
Une belle expérience que je recommande, dans la droite lignée de ses deux premiers films. La science-fiction slave est toujours aussi particulière. Dommage que le film soit si boursouflé et qu'il lui manque une vraie direction.
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le 11 juin 2026
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