Noël-Noël se plait dans les emplois de français moyen. Dans cette comédie qu'il a écrite, il est l'employé de bureau Jean Durand -c'est dire s'il est commun- un type falot et timoré qui vient de gagner un avion (!) à la loterie. Pas du tout sa tasse de thé.
C'est le genre de sujet qui fait craindre qu'on passe un peu trop de temps dans un aérodrome à regarder de vaines séances de vol et de prouesses aériennes. Le film évite cet écueil. Cela dit, ce n'est pas tant le scénario, assez quelconque pour ne pas dire faible à certains moments, qui fait l'intérêt et le sel de la comédie, où Durand devient pilote parce qu'il est séduit par une belle aviatrice, que le tempérament tourné en dérision du personnage de Noël-Noël. Celui-ci- excelle dans le commentaire désabusé en forme de litote ou dans l'expression des embarras et petites déconvenues du quotidien. L'acteur est la propre valeur ajoutée de son scénario et son style sans outrance s'oppose à la pitrerie franchouillarde.