Sweet Home
6.2
Sweet Home

Film de Kiyoshi Kurosawa (1989)

Difficile de parler de Sweet Home de façon équilibrée.
Je me suis retrouvé face à un film pour le moins surprenant, d'autant plus pour qui connait les films de la veine de Charisma, Cure, voire Kairo. Car au vu du résultat, on peut se demander si c'est bien le même réalisateur qui oeuvre dans cet étrange mix de finesse et de lourdeur, de réussite et d'échec cuisant, oscillant entre les deux pôles sans permettre au spectateur de trancher. Bref, pas facile de parler de Sweet Home...

D'un coté, parler de ses qualités risquerait de donner de faux espoirs, car le film est malgré tout, dans une certaine mesure, loupé, malgré son excellente photographie. Le ton insouciant évoquant une mauvaise production TV pour jeune public avec l'humour potache qui va de pair est un tantinet agaçant.
Les personnages sont flous, définis par quelques traits de caractère jetés à la volée (parfois contradictoires qui plus est) et l'intrigue avance par saccade, si bien qu'on ne se sent jamais vraiment concerné par ce qui se passe à l'écran... Du moins durant la première moitié du film.
Car si la plupart des personnages laissent totalement indifférent, entre l'assistant mi-stupide mi-méchant (enfin, je crois), la diva casse burettes, la fille qui a entre 11 et 23 ans (là encore, difficile de deviner si c'est une actrice adulte qui joue mal l'enfant ou si le personnage est sensé être une ado capricieuse infantilisée), le père lourdaud mais bon gaillard dans l'âme, le mystique agressif croisement entre un clochard des bas fonds, Tim l'Enchanteur et le Drunken Master, un personnage tranche avec cette fadeur pataude ambiante : la femme de l'équipe amourachée du papa lourdaud, qui tire son épingle du jeu. L'actrice est efficace et le personnage entier, solide et crédible.
Bref, une ambiance de Miel et les Abeilles version Poltergeist plane jusqu'aux premières manifestations de surnaturel. Et là, d'un coup, ça vire gore, au trash, avec de l'horreur qui tache, de la tripe, des fluides corporels le tout soutenu par des effets spéciaux réussis.
Alors forcément, l'intérêt est renouvelé, d'autant que vu la violence des forces déchainées, on se sent un peu comme devant game of thrones, ne sachant pas qui va survivre et qui va mourir. Tension renouvelée, image toujours aussi bonne, quelques morts bien foutues, l'intérêt est relancé.
Et puis on danse entre une version très japonaise de Poltergeist et Brain Dead (je ne peux en dire plus de peur de spoiler, mais bon, ceux qui l'ont vu savent).
Et on finit le doute chevillé au corps. Parce que les défauts sont là, mais les qualités aussi, sauf qu'au résultat le film n'est pas moyen, il est à la fois bon et mauvais, flirtant avec la comédie horrifique moisie, le romantisme AB production, mais aussi avec le drame, l'horreur, l'épouvante, le fantastique, le tout soutenu par des images suffisamment évocatrices et léchée pour se dire que peut-être a-t-on affaire à un film d'un excellent réalisateur entouré d'acteurs moisis...

Argh, je lui met 8 ou 4, au final, je sais pas! 'chié!
toma_uberwenig
6
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Créée

le 18 mars 2014

Modifiée

le 17 sept. 2014

Critique lue 964 fois

toma Uberwenig

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10

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