Venez donc rencontrer le jeune Max, une douzaine d’années. Il rêve d’apprendre la guitare manouche, à la Django. Ni une ni deux, il se dirige vers le campement de tziganes du coin et achète sa première guitare et fait la connaissance de Miraldo, virtuose qui vivote dans sa caravane. Ils vont faire un deal, l’un enseignera la guitare tandis que l’autre regèlera comme il pourra les tracasseries administratives qui nécessitent de savoir lire et écrire. C’est en même temps que Max que l’on découvre une société parallèle faite de musique, de galère et d’héritage pudique. Le film pose aussi la question de la terre. Celle qu’on habite, celle qu’on possède. Il interroge le patrimoine des gitans. On y apprend qu’il est coutume de brûler tout ce qui a appartenu au défunt. On comprend aussi que chez les gitans, on ne parle pas des morts. Et que l’on n’écrit pas. Et tout à coup, cette question surgit : que transmet-on quand on est gitan ? Quel est le legs, l’héritage ? Vertige. Ça remet en question tout ce que la société sédentaire appelle mémoire et tout ce sur quoi elle repose. De sa conscience collective à sa construction politique. Et par touche, Gatlif nous répond que tout est dans le cœur. Ainsi voit-on Miraldo montrer au petit Max comment se soigner avec les plantes, comment écouter la musique ou comment elle est un pont entre les cultures. Un réflexion simple et pourtant bouleversante. Quant à l’accompagnement musical du film, c’est un bijou.