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Vegas, baby. Vegas.
Jon Favreau et Vince Vaughn étaient jeunes, encore maigres, quasi beaux-gosses ; le futur réalisateur de Jumper et Mr. and Mrs. Smith ne s'était pas encore inexplicablement perdu en route ;...
le 24 août 2011
J’ai vu et adoré Roger Dodger il y a quelques jours, et voulant continuer à voir des films touchant à la drague, j’ai ajouté à mes envies pratiquement toutes les œuvres du même style, recommandées sur le forum d’IMDb. Et Swingers est un titre qui revenait plusieurs fois, autrement je n’aurais sûrement jamais regardé cette comédie avec Vince Vaughn. Mais j’ai vu entretemps que le réalisateur était Doug Liman, et que le film faisait parti des 1000 favoris d’Edgar Wright, ce qui m’a rassuré.
Le héros joué par Jon Favreau, Mike, vient juste de se séparer de sa copine après une relation de 6 ans, et alors que ses potes essayent de le faire passer à autre chose, lui reste fermé à cette idée. Pourquoi voudrait-il être un de ces connards qui cherchent à draguer une fille quelconque en soirée, qui de toute façon ne vaudra pas son ex ? C’est assez dingue, j’avais l’impression que le personnage mettait des mots sur un mode de pensée que j’avais encore il y a quelques semaines de cela…
Trent, wingman et meilleur pote de Mike, lui arrange des coups, mais lui n’arrive pas à en profiter, il ne cesse de ramener sa copine sur le tapis.
Puis son opinion change, de manière assez subite il décide de profiter de son célibat et de s’incruster à des soirées ; dommage qu’on ne voie pas vraiment l’évolution d’un état à un autre, mais en même temps le personnage continue de se planter et d’avoir des remords.
C’est marrant de voir à quel point il est maladroit et s’y prend mal.
On a droit à un humour de situation, plutôt léger et subtil, qui repose sur le jeu des acteurs et la mise en scène. On n’a pas de gags appuyés lourdement, et ça change agréablement de la plupart des comédies grasses américaines.
C’est une identité qui vient assurément de la nature indépendante du film ; on remarque un aspect modeste et petit budget, mais pas déplaisant, et il y a une petite touche intellectuelle, sans que ce soit prétentieux.
J’ai appris que quand Doug Liman a présenté le projet à des studios, on lui a demandé de retirer les expressions propres aux personnages de Swingers, du style "you’re so money"… alors que c’est une des choses qui fait le charme du film ! Swingers a même apparemment popularisé l’usage du terme "wingman".
Par ailleurs, tous les personnages principaux sont des acteurs en devenir, et on sent que le film a été écrit par un type qui essaye de percer dans le showbiz (Jon Favreau en l’occurrence, qui en plus de tenir le rôle principal, est aussi co-producteur de ce premier film), et qui écrit sur ce qu’il connaît… c’était le cas aussi pour Kevin Smith avec Clerks filmé dans l’épicerie où il bossait (et également distribué par Miramax, tiens donc), ou même le pilote d’It’s always sunny in Philadelphia où tous les personnages étaient aussi des acteurs en herbe.
Ce qui m’a un peu plus gêné, c’est quand ça parle ciné et que Swingers se met à faire des références et blagues métas un peu trop insistantes. Là ça fait vraiment film d’étudiant qui ne sait pas comment montrer son amour pour le ciné autrement que par des citations directes et des imitations de telle ou telle œuvre. Et évidemment, là c’est Tarantino qu’on parodie, l’influence principale des étudiants en ciné. On n’échappe pas à la scène où un personnage brandit un flingue de nulle part, comme s’il était dans un film de gangsters.
Il y a également quelques séquences qui n’apportent pas grand chose (la partie de jeu vidéo), ou qui durent de trop (la danse).
Swingers fait tout de même des remarques pas trop mal sur les relations, la drague, et les ruptures.
On a cette opposition entre le type qui sort d’une séparation, est tout sensible, et son pote beaucoup moins pourvu d’humanité en un sens, mais d’une honnêteté rafraichissante dans sa façon d’appréhender les relations.
A une époque j’aurais eu tendance à me morfondre en même temps que le héros lors des scènes où il parle de son ex, alors même que Swingers parle d’aller de l’avant. Maintenant je me reconnais davantage dans le personnage de Vince Vaughn, qui bien qu’il passe pour un sale con auprès des autres par moments, fait preuve d’un mode de pensée très pragmatique qui justifie ses actions… et au diable les conventions sociales.
Mais le film ne porte pas de jugement sur l’un ou l’autre des personnages, et laisse le spectateur libre de penser ce qu’il veut d’eux.
Swingers n’est pas un film impeccable, supporté par de gros moyens, mais c’est ce qui participe à faire qu’il se distingue de ce qu’on voit habituellement, et en fait une comédie assez juste et très agréable.
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Créée
le 14 janv. 2017
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