La mise en abîme n’est pas nouvelle au cinéma. Alice Guy ou Léonce Perret s’y étaient essayés les premiers. Vous ne trouverez donc rien d’original dans le fait de filmer un film sur un film. Et, soit dit en passant, l’originalité n’existe pas : les vaines tentatives de faire dans l’originalité n’ont jamais rien produit de bon (à moins de proposer autre chose, volontairement ou non).
Ce qui captive en revanche dans ce film entre documentaire et expérimentation, comme dans sans doute la grande majorité d’entre eux, c’est son développement. Greaves part avec une idée : tourner des essais avec des acteurs avec un vague concept de quête de la « réalité » (le cinéma, contrairement à ce que certains ont prétendu, n’est ni la vie ni la réalité), et avec l’ambition peut-être de se muer en anthropologue ou en sociologue des plateaux. Finalement, on ne se sera jamais sans doute autant rapprochés de ce qu’est la vérité sur grand écran.
Les premières minutes du montage que Greaves voudra bien nous laisser voir (le montage reste une forme de sémantique cinématographique déjà très éloignée de la réalité) se montrent peu flatteuses pour les acteurs ainsi exposés aux expérimentations du cinéaste : Greaves semble avoir donné quelques lignes de dialogues bidon aux interprètes. (Enfin, pas tout à fait, parce qu’il prétend avoir choisi un sujet (la sexualité), censé éveiller l’intérêt du spectateur.) Et précisément, le même constat que lui peut être fait : le cinéma possède bien une certaine facilité à s’écarter de la « réalité ».
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