Morbide parce que faisant écho à une actualité qui l’est encore plus, Taj Mahal devait être l’une des œuvres les plus anxiogènes, et donc fascinantes, à aller voir en cette fin d’année. Bombay, 26 novembre 2008. Louise est partie vivre deux ans en Inde avec sa famille pour le travail de son père. Toute seule dans une suite du Taj Mahal, elle va vivre ces attaques terroristes de l’intérieur, en huis-clos.
Le récit part mal. Le prologue mettant en scène cette famille en partance pour ce nouveau pays est trop long et fait retomber comme un soufflet la tension qui aurait dû être présente dès le début. Au lieu de cela, nous assistons au quotidien de cette fratrie bobo, presque pédante. Et quand, enfin, le Jour J survient, le réalisateur nous le fait bien comprendre. D’une part, en prenant le soin d’inscrire la date à sa narration. D’autre part, en faisant dire au père de famille à sa fille juste avant de la laisser à l’hôtel : « on peut rester encore ici deux jours, c’est pas la mort ». Très subtile…
Oublions cette introduction poussive et attelons-nous au cœur du sujet. À savoir, le caractère immersif de Taj Mahal et l’identification du spectateur vis-à-vis de l’héroïne. Là encore, Nicolas Saada passe à côté de son sujet et délivre un scénario invraisemblable et maladroit. Les coups de téléphone entre Louise et son entourage paraissent en dehors de toute réalité. Leurs tons sont calmes, posés, comme si rien d’extraordinaire ne se passait. Résultat, le spectateur ne sait pas où se placer. Quant à la claustrophobie, propre au huis clos que le cinéaste veut insuffler à son film, elle n’a presque aucun effet. Un film à oublier, où la léthargie prime sur la psychose.
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