Certain film vous font chavirer plus que d'autres, vous donne des papillons dans l'estomac, take this waltz en fait partie, et c'est justement ce que j'attends d'un film au cinéma qu'il me transporte, m'embarque émotionnellement dans son histoire, me fasse oublier justement que je suis dans une salle de cinéma. Tout dans ce film est bon et sonne juste. Sarah polley revisite à sa façon les differentes étapes d'une rencontre amoureuse dans tout ce qu'il y a de magique mais aussi d'éphémère.
Lorsque Margot rencontre Daniel l'alchimie est immédiate, leur coup de foudre réciproque amène Margot à livrer des secrets sur elle même, sur ses peurs existentielles, et lorsqu'il y a ce ralenti à la sortie de l'aéroport, Margot et Daniel marchant côte à côte comme aimantés l'un l'autre, accompagnée de cette musique mélancolique " there's no worry now", on ressent déjà que cette rencontre est importante pour eux. Ils n'arrivent pas à se quitter physiquement, aucun mot n'est prononcé dans la navette qu'ils prennent ensemble, mais les mots sont inutiles, ils sont déjà ensemble physiquement et mentalement.
La tension monte d'un cran lorsque dans le taxi ils s'apercoivent qu'ils sont voisins de paliers, car Margot est mariée et aime tendrement son mari. Elle fera donc tout pour éviter Daniel en premier lieu. Mais cette peur du vide dont parle Margot, ce quotidien banal de la vie de couple qui s'est installé entre elle et son mari l'amenera à rencontrer Daniel. Daniel le sait et la suit dans ses sorties.
La scène de la piscine où les corps se frôlent sans se toucher est comme le prélude d'une scène d'amour physique, tout comme la scène du manège est le prélude d'une connection émotionnelle intense celle des grandes histoires d'amour. Et que dire de la scène du bar, où Margot exaltée par la seule présence de Daniel baisse la garde en lui demandant ce qu'il lui ferai dans l'intimité, et c'est comme si Daniel savait ce que Margot attend de lui, et des mots crûs et doux qu'elle désire entendre de sa bouche comme une promesse des corps qui n'osent encore se toucher.
La réalisatrice a su capter magistralement dans la scène du manège, les différentes étapes du coup de foudre amoureux dans les regards que se donnent les futurs amants, allant de l'exaltation, la joie intense d'être ensemble, l'aimantation des corps, à la mélancolie et la tristesse, et lorsque le manège s'arrête brusquement ce dur et cruel retour à la réalité, au quotidien de la vie. Et c'est justement ce qui effrayent Margot et Daniel et qui les a réunis. Il sont tout deux en quête d'absolu et de magie dans leur vie comme un drogué le serait à la recherche de sa dose journalière pour se sentir vivant.
Mais voilà, la passion et la magie sont aussi éphémères comme l'est aussi la vie et ne peut donc durer éternellement, tout comme à l'image de ce tourbillon enivrant, de cette valse viennoise finale digne d'un Vertigo Hitchcockien où le quotidien remplacera la passion et la magie des débuts. Margot et Daniel ne pourront plus remplir ce vide qui les effrayent tant. Ce film est loin, très loin de la comédie romantique traditionnelle à l'eau de rose que savent si bien faire les américains, ce film je l'ai vécu comme une experience émotionnelle et sensorielle intense car rempli de finesse et de justesse.
A voir donc absolument....