Le genre de père à ne pas emmerder
Taken est un film dont le scénario a été écrit par Besson (et un autre bonhomme) et produit par ce dernier. Il confie la réalisation de ce projet à Pierre Morel, un mec qui ne tourne que pour Besson. Bref, c'est un projet Besson de bout en bout et comme souvent lorsqu'il produit quelque chose, on s'attend au pire.
Très sincèrement, on croit vite l'atteindre lorsqu'on regarde les trente premières minutes de ce film. Il y a des personnages agaçants, avec l'actrice Maggie Grace en adolescente vraiment insupportable, pleine de vie et hurlant à tout-va, des séquences d'une niaiserie affolante (les je t'aime disséminés à tout-va, la chanteuse qui embrasse le garde du corps après lui avoir sauvé la vie, etc.) et la sensation d'avoir affaire à un Bryan en vrai looser dans sa situation familiale comparé au nouvel époux de son ex-femme, absolument parfait. Bref, tout ça, en moins de trente minutes, on pouvait se demander ce qui pourrait se passer de pire encore par la suite.
Et puis, bizarrement on se prend au jeu. Parce que le film n'y va pas par quatre chemins. On a un gars qui décide de vouloir sauver sa fille et il ne se tient qu'à ça. Pas de fioritures, pas de chichis, pas de missions sur le côté. Ensuite, parce qu'en dépit de l'incohérence de certaines scènes, Bryan li assure tout simplement un max.
En effet, notre homme dézingue à tout va, brutalement, et démontre qu'être un agent de prévention pour le compte du gouvernement, on possède un certain bagage. Et puis, il y a ce côté vraiment sans moral qui me plait énormément. Bryan est peut-être le héros, mais il n'hésite pas à abattre froidement dans le dos un proxénète albanais, n'hésite pas à faire tâter de l'électricité à un autre pour lui soutirer des informations avant de l'électrocuter pour de bon. Bref, notre héros est réellement prêt à tout, même à tirer sur la femme d'un ancien collègue.
Rien que pour ça, l'oeuvre vaut la peine. En plus, comme on ne s'embarrasse pas de fioritures et de situations qui pourrait ralentir le déroulement de l'histoire, Morel signe un film assez court à la mise en scène plutôt réussie et nerveuse. L'avantage des séquences d'action demeure dans cette part de réalisme. J'entends par là qu'il n'y a pas encore trop d'effets spéciaux dans la réalisation de celles-ci. Taken serait presque un film à l'ancienne pour cela.
Bref, si on survit à la première demi-heure, au fait que tous les méchants sont des Albanais ou des Cheik, on prendra du bon temps à voir Liam Neeson, charismatique, dégommer tout ce qui bouge.
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