"Taxi" est l’agréable surprise cinématographique française de l’année. Le scénario est bon, une part belle est donnée au dit taxi et aux courses poursuites par ailleurs excellentes, accompagnées il est vrai d'une bonne musique signée par le groupe de rap IAM qui devait composer simplement une chanson et qui au final, a signé la bande originale dans son intégralité.
Reprenant le concept du buddy movie, ce film est simple et bien équilibré entre l’intrigue, l’action et l’humour, porté par une copie sans faille de tous les protagonistes, ce qui le rend très regardable y compris lors d'un énième visionnage.
Il y a toutefois quelques petites erreurs comme le moment où Emilien pose le gyro sur le taxi et coince le câble dans la portière en la claquant, et sur le plan d'après le câble n'est plus pris dans la fermeture.
En résumé, "Taxi" est une très bonne comédie policière aux dialogues soignés dont quelques répliques sont devenues cultes, et qu'on prendra plaisir à voir et revoir, et qui aura eu le mérite de remettre en selle Gérard Pirès, poussé par Monsieur Luc Besson.
Et pourtant ce film, qui a remporté une belle réussite commerciale jusqu'à devenir une saga ultra populaire malgré des suites plus mauvaises les unes que les autres s'est vu dresser devant lui des difficultés qui auraient pu tuer le projet avant même le premier jour de tournage. En effet, le scénario décrivait une situation de l'action à Paris. Mais aucune autorisation n'a été donnée. L'équipe de Besson et lui-même sont alors partis à la recherche de villes pouvant potentiellement accueillir le film, et c'est finalement le maire de Marseille qui a remis pour ainsi dire les clés de la ville au scénariste. Le lieu idéal pour intégrer une scène épique dans les ruelles étroites, laquelle a nécessité un nombre important de membres du staff technique pour les placer devant chaque porte d'habitation. Devant ce déménagement forcé, le scénario a donc dû être réécrit en grande partie.
Il y a eu aussi des problèmes de casting : Olivier Martinez et Yvan Attal, très largement pressentis pour incarner le duo, ont finalement refusé le rôle proposé. Las de chercher des acteurs connus (ce n'étaient pas les premiers refus), le dévolu a donc été jeté sur deux parfaits inconnus, l'un plus habitué aux séries (Frédéric Diefenthal), l'autre s'étant fait remarquer par son regard bleu azur lors de "Cantique de la racaille" (Samy Naceri). Choix excessivement risqué pour un film qui se voulait ambitieux par le spectacle qu'il était sensé offrir.
Alors certes offrir du spectacle est bien, mais s'il n'y a rien qui existe à côté... Eh bien on peut être rassuré, car quand on voit le film, je crois que le casting ne pouvait pas être plus réussi. Outre une complicité évidente et communicative au sein du tandem Diefenthal/Naceri, nous avons là toute une pléiade de personnages qui valent leur pesant de cacahuètes, tout cela ambiancé par l'accent chantant de Marseille qui vous fait presque entendre les cigales et ressentir me Mistral. Impossible de ne pas garder un souvenir impérissable de Gérard Gibert (excellent Bernard Farcy), du scooteriste Paulo (génialissime Dan Herzberg), de Lilly Bertineau (éblouissante Marion Cotillard qui, depuis a fait bien du chemin), du client pressé, des policiers opérant aux contrôles de vitesse ou même celui avec ses blagues à deux balles, sans oublier Petra incarnée par Emma Wilklund qui ne parlait pas un mot de français. Cette dernière devait être doublée, mais elle a si bien travaillé que finalement c'est sa vraie voix qui a été retenue, conformément à ce que demandait la pétition lancée par Luc Besson lors du tournage.
Non en fait, si le public a validé ce film, c'est parce qu'on a senti une vraie bonne ambiance sur le plateau, et ce entre tous les personnages. Jusque du côté des allemands, menés brillamment par le charisme de Richard Sammel.
Et puis hé ! On ne va pas bouder notre plaisir, "Taxi" a remis au goût du jour les courses poursuites en voiture, et a mis en avant la ville de Marseille, peu utilisée au cinéma alors qu'il s'agit tout de même de la deuxième ville de France. Qu'est-ce que nous aurions manqué si ce film n'avait pas lieu ! Car même à la veille du premier jour de tournage, Gérard Pirès a eu un accident de cheval, et finalement c'est Gérard Krawczyk qui l'a remplacé au pied levé durant les premiers jours, écourtant au passage ses vacances en Corse. Qu'on se le dise, c'est à lui qu'on doit la séquence où le radar tombe.
Quoiqu'il en soit, même si on n'apprécie pas les films qui ont suivi (notamment les 3, 4 et 5), on garde une affection particulière envers le premier film d'une saga qui a fait beaucoup parler d'elle.