L'un a vieilli et l'autre a grossi, Jonny sans h qu'il s'appelle, celui qui a grossi. Après tout, les deux demi-frères ne se sont pas vus depuis des années. Le décès de papa, survenu dans d'étranges circonstances, les a donc rapprochés du côté de Waikiki Beach pour tenter de trouver les responsables de cet odieux meurtre.
Mais pas simple de se retrouver après tant d'années. Pis un, Momoa, a été foutu hors de l'île par Batista, le vieux, parce qu'il aurait pu être coffré. Il faut dire qu'il passe son temps à distribuer des pains et en recevoir autant; ne manque plus que le toaster et la confiture de prunes du petit déjeuner.
A Hawaï, le Syndicat et les japonais mènent la danse. Pardon, les japonais, que dis-je, les yakuzas, réduits à grimacer ou prendre la pose, dans une attitude genre Gogo Yubari aujourd'hui d'un autre âge. C'est amusant de les voir se prendre des pains par Momoa façon John Wick ou Batista façon Oldboy. A l'époque ahurissant aujourd'hui déprimant cette mise en image d'une bagarre sur traveling, redite facile et paresseuse du film de Park et qui avait été bien remise au goût du jour chez Bong Joon-Ho et son Snowpiercer tout à fait correct. Mais passons, la paresse, le film en abuse allègrement. Tout comme cette désagréable sensation d'un spectacle de plus de 2h qui aurait recouru à l'IA. De son intro synthétique aux bagares sur musiques cool, en passant par un scénario collectionnant les poncifs et, cette fameuse séquence pompée sur Old Boy, revue et mal corrigée.
Il y avait pourtant du bon sur le papier, comme ce duo costaud finalement assez attachant. The Rock aurait pu fait le boulot aussi, on lui aurait ouvert grand les bras. Un sidekick nul mais pas trop envahissant et un méchant très riche aux méthodes expéditives. Un peu d'histoire de poudre, un yakuza beau gosse poseur.
Dans tous les cas le film se résoudra par la force. Momoa le reconnaît à la fin, devant la photo de sa maman décédée collée sur un arbre, il sait pas bien faire autrement. Batista est pas mal non plus dans le genre, mais il commence à accuser le coup. Et les caricatures de gangsters médiocres, ni Scorsese, pas même Fukasaku n'en aurait voulu. Allé c'est pas grave, on a repassé les chemises devant et, pour ça, il remplit bien son rôle.