"Witness for the Prosecution" a le goût, l'odeur, et la couleur d'un film britannique. Situé autour d'un procès londonien, porté par Charles Laughton, adapté d'Agatha Christie... Mais non, c'est bien un film de prétoires américain, réalisé par l'Autrichien Billy Wilder !
Néanmoins le metteur en scène fait bon usage de sa finesse habituelle. Le premier acte est un vrai régal. Des passes d'armes savoureuses entre un ténor du barreau qui sort de convalescence (Charles Laughton, impérial) et son infirmière (Elsa Lanchester, qui était son épouse à la ville, ce qui explique leur complicité de jeu !). Le running gag des cigares et du brandy. Ou une présentation faussement posée de l'affaire, celle d'un homme marié soupçonné d'avoir liquidé une veuve afin de récupérer sa fortune.
Puis le cœur du film sera un procès, où l'ironie à l'anglaise et les petites piques entre avocats seront légions. Et au milieu de tout cela, une intrigue policière sérieuse et le rôle trouble des personnages. Dont celui de Marlene Dietrich, une épouse au passé douloureux, semblant peu encline à vouloir défendre son mari.
Les acteurs, la précision de la mise en scène, et le scénario mêlant habilement humour et policier nous collent sans mal au siège. Jusqu'à un rebondissement final assez détonnant... peut-être même trop spectaculaire d'ailleurs. La légende raconte que Billy Wilder avait caché à ses acteurs les dernières pages du script, afin qu'eux aussi soient surpris du dénouement !
En tout cas l'ensemble n'a aucunement vieilli.