Voilà un moment que Clive Barker n'a pas touché à la caméra, pour notre plus grand malheur, mais d'autres se chargent de transposer ses livres et nouvelles au cinéma. C'est donc au tour de Dread, un thriller basé sur les terreurs d'être adapté.
Stephen (Jackson Rathbone) est étudiant, et suite à sa rencontre avec Quaid (Shaun Evans), un mystérieux jeune homme, ils décideront de faire une thèse sur l'homme et ses peurs. Aidés par Cheryl (Hanne Steen), la petite amie de Stephen, ils filmeront chacun des témoignages des volontaires du campus, s'approchant de plus en plus de la source même de la peur, tandis que le comportement de Quaid devient de plus en plus inquiétant.
Que les habitués de Barker ne s'excitent pas trop vite, ici il n'est pas question de monstres éviscérés ou démons métaphysiques. Cette nouvelle du génie du frisson est un thriller pur et dur, mais rassurez-vous, il dispose malgré tout d'une bonne dose de malsain, et comme toujours on ressent le besoin de Barker de montrer à quel point la nature humaine peut être terrifiante.
Plutôt bien ficelée, l'oeuvre nous dépeint des personnages aux natures très disparates, tous intéressants, et dont l'évolution psychologique est relativement bien développée. Le concept de peur est également bien appréhendé, nous montrant ses différentes formes et de quelles façons elles peuvent influer sur le comportement. D'ailleurs ici le personnage principal est la peur elle-même, et l'on se passionne pour cette enquête durant laquelle nos protagonistes la personnifient, essayant de déterminer comment elle naît, de quoi elle se nourrit, et surtout, comment la tuer.
Si l'oeuvre se montre néanmoins quelque peu prévisible quant à son aboutissement, on se laisse malgré tout étonner par la façon dont celle-ci se conclue, très ironique, et nécessitant d'avoir l'estomac bien accroché.
On déplorera malgré tout quelques fautes de ci de là, dont une certaine retenue, comme si l'auteur avait lui-même peur d'aller trop loin, tentant probablement de se rassurer quant aux limites que peut atteindre la peur, et surtout la cruauté. S'ajoute à ça un filtre jaune pisse, auquel beaucoup sont allergiques, mais soit, le but du film est d'être nauséabond, et quoi de plus nauséabond qu'une bonne urine frelatée ?
Bref, Terreur est une bonne surprise, en particulier pour un direct-to-dvd. On reconnaît le style de Barker, et ça fait plutôt plaisir, surtout que l'attente du nouvel Hellraiser paraît interminable, mais que les fans se rassurent, Tortured Souls: Animae Damnatae, prévu pour 2011, sera écrit et dirigé par le maître lui-même.
Un amuse-gueule bienvenu, et qui certes s'il n'est pas le film du siècle, reste une oeuvre intéressante et vaut le coup d'oeil.
Pour conclure, si vous êtes amateur de thriller, vous devriez être comblé, et encore plus si vous adhérez à la putréfaction nauséabonde dont Barker est devenu maître.
Mention spéciale pour l'interprétation de Shaun Evans, illustre inconnu, crédible dans son rôle d'homme terrorisé cherchant à comprendre comment vie la peur pour pouvoir mieux s'en débarrasser.