Voilà un film qui m'a bien eue. J'étais partie pour le massacrer, tellement j'étais sûre d'avoir deviné la fin et m'étais ennuyée en l'attendant, et je me suis fait avoir comme un bleu ! Rien que pour ça, le film mérite au moins la moyenne.
Il n'empêche que je me suis pas mal ennuyée avant, d'où mon agacement croissant. Mais ça m'a laissé tout plein de temps pour admirer le cabotinage de Liz Taylor, son affreuse garde-robe ringarde et m'as-tu-vu et le gros rubis sur son doigt qu'elle ne manque pas une occasion de montrer. Liz a aussi le temps de nous montrer une de ses habitudes : pour dormir, elle garde sa grosse bagouze, mais aussi, plus étonnant, son fond de teint, son blush, son rouge à lèvres, son fard à paupières gris, son mascara et son eyeliner. C'est tellement plus confortable ! Et le summum du chic, c'est que tout cela reste en place pendant toute la nuit et ne laisse miraculeusement aucune trace sur son oreiller. Sacrée Liz, va ! Toujours belle et fraîche, en toutes circonstances.
Laurence Harvey, déjà très malade et extrêmement maigre, semble bien fatigué face à la force de la nature qu'est Liz Taylor mais fait le job tout de même. Il m'a fait un peu mal au coeur quand même.
La mise en scène est très classique et abuse un peu des éclairs et autres effets sonores venus tout droit d'un film d'horreur... pour peu d'effet, car le film ne fait pas peur du tout.
Le petit reproche que je ferais au réalisateur, c'est que son choix de Laurence Harvey et Billie Whitelaw comme mari et meilleure amie de Liz est un peu facile, si on veut leurrer le spectateur. Si on connaît un peu leur carrière et le genre de rôle auxquels ils sont abonnés, on est facilement mené en bateau. Avec des acteurs étiquetés plus sympathiques, l'ambiguïté et l'incertitude du spectateur auraient été plus grandes. Il semble que le metteur en scène voulait surtout conclure son histoire par un gros twist final.
Mais je reconnais que j'ai aimé avoir été cueillie comme ça. On croit, après avoir vu des milliers de films, qu'on est blindé contre ce genre de surprise, et puis bam ! on l'a dans le baba.