Ce film a un charme vraiment envoûtant. C'est un étrange mélange de western et de film noir qui mélange les codes en y ajoutant une bonne dose d'humour noir et d'ironie.
Le premier élément envoûtant de l'histoire, c'est le décor immense et désolé des landes du Jutland danois qui donne au film une vraie dimension de western. Quel décor incroyable et tellement cinégénique ! Paumé au milieu de cette terre de lande désolée, Skarrild, petit village totalement dénué de charme mais plus dangereux que les marais environnants.
Le deuxième élément, le flic solitaire et taiseux qui vient s'installer dans le village, pourrait tout autant appartenir au western qu'au film noir. Mais, sous sa beauté et ses dehors un peu timides, Robert semble cacher un secret et sa face sombre le fait définitivement appartenir au genre noir. Tout comme le troisième élément, la femme fatale qui va entraîner le flic vers sa perte.
Dernier élément : les habitants du village, tous insolites et plus ou moins barrés, qui vont emprisonner le flic poissard dans un piège inextricable. Cette confrontation entre le héros isolé et la population villageoise malveillante appartient clairement au western.
J'ai aimé l'ambivalence des personnages; aucun n'est ce qu'il semble être. Même le flic n'échappe pas à cette ambiguïté. Il s'enfonce dans les ennuis comme dans une tourbière et ses réactions malheureuses ne font qu'aggraver sa situation.
Le réalisateur s'amuse avec les codes, en y ajoutant une bonne dose d'ironie réjouissante, comme avec le personnage du mari qui ne se déplace jamais sans son stetson. L'ironie est toujours présente, et elle est à son comble dans la scène finale, quand on comprend enfin la finalité du piège complexe dans lequel est tombé le flic malchanceux.
Ça donne un film à l'ambiance très particulière, à la fois déprimante, un peu inquiétante et loufoque.
Jakob Cedergren, dans le rôle du flic innocent et un peu paumé, et Kim Bodnia, dans celui du mâle alpha du village, sont parfaits.