Le clown qui a traumatisé l’Amérique, et qui a débarqué en France par un heureux concours de circonstances. Ce film ultraviolent qui s’inscrit dans la veine du gore avait peu de chances d’être distribué dans l’hexagone, pour autant il répond à une demande grandissante de fans blasés par les sorties actuelles, et un rebond de la fréquentation des salles. “Terrifier 2” est un pur produit de passionnés qui présente Art le Clown, ce personnage démoniaque sorti tout droit de l’imaginaire de son créateur Damien Leone il y a plus de dix ans.
Tourné pour un budget dérisoire, il perpétue cet antagoniste maléfique dans un opus sacrément méchant et immoral. Le réalisateur multiplie les moments d’anthologie pour rendre chaque mise à mort marquante, et inscrire son clown mime et muet dans une veine différente de ce que proposait le Pennywise de Stephen King. Le personnage se constitue sa propre mythologie en reprenant le postulat des slashers des années 80 : il est quasi invincible et revient toujours pour semer la terreur. Très iconisé, Art devient un produit de consommation, se retrouve relayé par tous les médias et est symptomatique d’une époque qui idolâtre les tueurs. La phrase prononcée par Sienna, personnage principal du film, y fait référence et n’a rien d’anodin “on a jamais vu personne se déguiser en Charles Manson ou Jeffrey Dahmer”.
Terrifier 2, bien qu’imparfait et trop long, propose un spectacle rare pour tout fan de genre qui se respecte et amène un vent de fraîcheur sur une production horrifique américaine trop cadenassée. Le film se paye même une scène post-générique exaltante avec la légende Chris Jericho.