Un miroir très efficace d'une fascination morbide !!!
Premier film d'Alejandro Amenábar, qui sans être un coup de maître annonçait une suite de carrière plus que prometteuse, et il n'attend pas longtemps dans cette oeuvre pour nous le montrer...
Première scène, le métro est arrêté après qu'un homme s'est jeté dessous. Là le réalisateur ne montre aucun remord à mettre déjà le spectateur face à un miroir. On sait très bien que comme la protagoniste jouée par l'excellente Ana Torrent à sa place on aurait été aussi tenté de regarder le corps du suicidé. Ça nous met face à la fascination, souvent bien malgré nous, qu'exerce la violence sur l'esprit humain. Une entrée en matière pour le moins très fracassante.
Par la suite, par l'intermédiaire du personnage interprété par Torrent, on va être souvent placé entre une fascination morbide et un auto-moralisme bancal, nous interrogeant sur notre voyeurisme malsain.
Bon autrement, le film n'est pas sans reproche. L'ensemble contient quelques longueurs et quelques répétitions, et le personnage principal a une nette tendance à se mettre à courir comme une furie à la moindre situation angoissante. Mais niveau angoisse justement; le spectateur en ressent pas mal lui aussi... Celui qui ne flippe pas lors de la séquence où l'héroïne et son acolyte sont plongés dans le noir dans la réserve de l'université a de grandes chances d'être un sociopathe.
Bref dès son premier long, Amenábar ne fait pas les choses à moitié. Comme miroir, "Tesis" est très efficace, comme thriller d'horreur aussi...