Voici un projet qui n’a pas eu l’attention qu’il méritait, probablement parce qu’il n’a pas eu droit à une exploitation en salles. Et c’est bien dommage.
Nous sommes à la fin des années 1980. L’URSS se pète la margoulette et le jeu vidéo s’apprête à prendre son envol. Si de prime abord il n’y a pas de rapport entre ces deux affirmations, c’est parce qu’on oublie que l’un des jeux vidéos les plus populaires de l’histoire a été créé de l’autre côté du rideau de fer. L’intrigue nous raconte, selon le point de vue d’un développeur et distributeur de jeux, comment la bataille autour des droits d’exploitations du jeu Tetris est devenue un sac de nœuds diplomatique épique.
Si comme moi en premier lieu, vous pensez que le film est l’adaptation improbable du jeu vidéo du même nom, vous vous gourez du tout au tout. Nous tenons là un thriller politico-économique qui tient bien sur ses deux jambes sans jamais oublier d’aérer son propos par un ton vif, joyeux et dynamique. L’intrigue se construit progressivement et les personnages souvent rocambolesques s’ajoutent à la pièce petit à petit. On en profitera pour vanter tous les mérites d’une interprétation au diapason, à la fois juste et décalée, le héros (Taron Egerton) en tête. Le design graphique est lui aussi très réussi, entre esthétique 8-bits et grisaille toute soviétique. Surtout, c’est le scénario qui nous tient. Les évènements ont beau être complexes, on ne perd jamais le fil, du moins pas plus que nos personnages. D’ailleurs, ont soulignera que le film paraît être un projet de niche pour un public geek mais il n’en est rien et si les clins d’œil sont nombreux, ils ne prennent jamais le pas sur la vulgarisation de l’intrigue. Ainsi, si le jeu vidéo n’est pas votre came, qu’à cela ne tienne, vous n’en comprendrez pas moins les enjeux. D’autant qu’une des lignes directrices du film se situe dans l’illustration d’un régime autoritaire technocratique en déclin. C’est à ce titre très drôle et probablement assez réaliste (et terrifiant à certains égards).
En bref, Tetris se permet le luxe d’être à la fois une vraie comédie drôle, un thriller haletant et un film historique qui vise juste. Vivement conseillé donc !
>>> La scène qu’on retiendra ? La découverte de la (le?) Game Boy. Forcément culte.