Une bonne surprise que ce thriller dans le monde du commerce du jeu vidéo. Car si "Tetris" n'est évidemment pas une adaptation du célèbre jeu, il ne revient pas non plus sur l'essence de son succès faramineux. Il est d'ailleurs clair ici pour tous les protagonistes que le jeu ne peut que cartonner. La conception de Tetris n'est pas non plus le coeur du scénario. Non non, ici on va parler de... acquérir les droits du jeu !
La "petite" subtilité étant que Tetris est un jeu conçu par un Soviétique dans les années 80. Dans un pays où il n'y a ni entreprise ni royalties, et où le KGB écoute la moindre négociation avec l'extérieur. Comment diable un américain a-t-il pu en récupérer les droits à l'international ?
Voilà en gros la question que traite le film. Avec une trame sérieuse, enrobée d'une mise en scène assez amusante, mêlant grisaille soviétique et pixels très colorés. Et des personnages haut-en-couleurs, entre divers protagonistes de l'Ouest, peu intègres, qui se tirent dans les pattes. Ou des fonctionnaires de l'URSS qui s'apprête à imploser, certains voulant faire leur travail jusqu'au bout, d'autres tirer le gros lot avant l'effondrement.
Jon S. Baird parvient à mener sa barque de manière très rythmée, jouant justement sur ces différentes personnages et intérêts croisés. Et sur les techniques de négociations entre Occidentaux et Soviétiques, assez amusantes.
J'ignore à quel point le film est fidèle à la réalité. Dans tous les cas on sent que "Tetris" cherche à caresser Nintendo dans le sens du poil. Et à donner à Taron Egerton le rôle d'un business man honnête et dos au mur (alors que ses concurrents sont des raclures en meilleure position). Histoire de rendre cela cinégénique pour le public américain. De même, je suppose que certaines séquences sont improbables en URSS à l'époque.
Mais ne boudons pas notre plaisir, "Tetris" est un long-métrage efficace et amusant.