Durant une journée, une personne âgée va se balader dans un parc d'attractions et va vivre un véritable enfer auprès des autres, souvent plus jeunes, et qui ne se soucient guère de lui.
Durant la première partie de sa carrière, jusqu'à Zombie, George Romero n'a pu vivre de son art, un problème de copyright a fait qu'il n'a pas pu gagner de l'argent sur La nuit des morts-vivants. Il a donc dû accepter tout un tas de projets alimentaires, des publicités, des émissions télé, des documentaires, et des films de commande comme celui-ci, financée par une organisation Luthérienne qui voulait mettre en avant la précarité des personnes âgées. Le résultat ne fut pas celui escompté, et le film sera plus ou moins enterré jusqu'à ce qu'il soit retrouvé en 2018, soit 45 ans plus tard, par la veuve de Romero, et restauré pour une sortie trois ans plus tard.
Effectivement, le portrait fait des personnes âgées, à travers ce vieil homme joué par Lincoln Maazel, est terrifiant, jusqu'à une scène excellente où il observe un jeune couple qui se fait demander son avenir par une diseuse de bonne aventure et qui voient eux aussi l'enfer par le biais du vieillissement des corps. Il faut quand même signaler que le résultat est clairement expérimental, avec un énorme travail sur la mise en scène, voire la dissociation du son et de l'image, qui fait qu'au bout d'un moment, on se sent aussi perdu que cet homme. L'image en 16 mm donne aussi un cachet particulier avec ce grain prononcé. Bien que le sujet soit contemporain, il rejoint d'une certaine façon la filmographie de Romero avec ces plans éloquents où la foule se fait masse comme une horde de zombies, et le sang qui apparait lorsque cet homme va se faire tabasser par des motards.
Le résultat fut si perturbant pour l'association qu'une introduction et une conclusion plus consensuelles ont été rajoutées, avec toujours Maazel, et ainsi expliquer qu'il faut s'occuper des personnes âgées, mais les 50 minutes qui les entourent en valent la peine, pour une oeuvre Romerienne en diable !