Barry Levinson (Rain Man , Le Secret de la pyramide ...) habitué à tout sauf au genre de l'horreur signe avec The Bay l'un des meilleurs films d'horreur de ces dernières années et l'un des meilleurs films en Found Footage ( ainsi qu'un excellent documenteur ).
L'histoire ( inspirée de la crise de la baie de Chesapeake , morte à 40 % ) est celle d'une station balnéaire américaine qui , suite aux découvertes de deux chercheurs français , va être confrontée à une épidémie de masse causée par un parasite plus que dangereux.
Prenant la forme d'un faux documentaire nous racontant ces événements , le film va pousser le concept du film Found Footage et du faux - documentaire à leurs retranchements et le réalisateur accouche d'une oeuvre profondément marquante et qui accentue le flou entre réalité et fiction.
Au niveau de la réalisation , Barry Levinson nous propose un faux - documentaire parfaitement crédible et qui , à de nombreuses reprises , paraît tellement réel que l'immersion du spectateur n'en est que plus décuplée encore. The Bay a toutes les caractéristiques d'un documentaire mais surtout propose une expérience unique qui n'aurait pu fonctionner de la même manière. Le montage est parfait et fluide tout en ne nous faisait pas perdre le fil des événements. Le film étant un faux - documentaire , Barry Levinson en profite pour développer le background de la ville tout en expliquant ( voire même vulgarisant ) les origines et les caractéristiques du parasite.
Le film ( tout du moins son concept ) permet d'expérimenter la curiosité morbide et glauque du spectateur qui étant immergé dans un documentaire qui à l'air somme toute réel mais nous montrera bien des choses et met à l'épreuve la ténacité des spectateurs face à ce qu'ils regardent. Certaines scènes jouent justement à ne pas montrer ce qu'il se passe et renforcent de ce fait l'impact de ces scènes dont on ne voit finalement pas grand chose.Le film n'ayant pas de personnages principaux se contente d'être une fresque de vie et de moments assemblés et mis bout à bout pour permettre de donner une plus grande ampleur et de complexifier un concept un peu simple au premier abord. Les rares effets spéciaux et les nombreux effets gores sont plus qu'au niveau et facilitent ce flou entre réalité et fiction. Le film étant un assemblage d'images et de vidéos provenant de sources diverses , de nombreux moments sont bien filmés et cadrés et permettront aux détracteurs du genre de pouvoir bien apprécier le film à ce niveau -là.
Le scénario permet donc un regard sur les dangers de la pollution ( surtout les conséquences sanitaires et touchant l'homme ) , l'incompétence des autorités compétentes à gérer une telle situation mais aussi les manigances de certains pour ne dévoiler au public les dangers qu'ils encourent pour le seul besoin de gagner du profit. Le film jouant à ce point la carte du réel et du réalisme , les causes de l'épidémie pouvant se reproduire dans la réalité , le spectateur en ressort avec des questions et des souvenirs facilitant une meilleure prise de conscience par rapport aux sujets cités au - dessus.
Les acteurs , inconnus pour la plupart , participent à la crédibilité et au réalisme du film et sont pour la totalité naturels et efficaces.
The Bay marque , fait réfléchir et ne s'oublie pas.