Avec son dernier film, la réalisatrice pauliste Anna Muylaert (Une seconde mère, D'une famille à l'autre) dit avoir voulu tracer le portrait d'une mère au caractère opposé de la sienne : clairement combattante plutôt que résignée. Et c'est vrai que cette "meilleure maman du monde" traverse une passe difficile : pauvre, travaillant au milieu des ordures, se déplaçant avec un grand chariot à bras et, surtout, victime d'un mari violent. La cinéaste n'hésite pas à montrer le sordide de sa vie, mais c'est son énergie, sa passion pour ses enfants et sa volonté de sortir d'une spirale infernale, que l'on retient au-delà de son affection pour le célèbre club de football de São Paulo : les Corinthians, Le film nous entraîne dans une aventure tumultueuse, dans le sillage de cette mère courageuse, dont les décisions ne sont finalement comprises que par les marginaux qu'elle croise, au contraire de ses proches, femmes comprises, qui craignent de quitter leur confort précaire, même s'il est empreint d'insécurité et de mensonges, face au risque d'une rébellion risquée. Ainsi progresse le long métrage, aux franges d'une ville tentaculaire, avec parfois des accents lyriques, quand on s'y attend le moins, et avec de l'espoir, là où il ne semblerait pas avoir lieu d'y être.

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le 22 sept. 2025

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