(pour ceux qui l’ont déjà vu ; pour en parler)
Déçu. Le filmage est ok. Les acteurs, ok. Brody fait plus hongrois qu’un hongrois, c’est normal. La mise en scène, bon, ok. Musique ok. Mais l’histoire, le scénario est à coté de la plaque, voire bâclé avec son derrière assis entre quatre chaises :
1) On n’échappe pas au sexe brut comme il se devait il y a 20 ans, frotteur et transpirant, close-up à la Patrice Chéreau, lourdaud et dépassé aujourd’hui en érotisme. Bref. 2) La présence insistance de la religion juive n’apporte rien à la réflexion fine sur l’architecture moderne, qui devrait être le sujet du film. Mise en avant, elle est mal à propos aujourd’hui. Bref. 3) Cette fiction nous administre la drogue comme un pendant au génie. C’est inutile comme cheveu sur la soupe. Bref. 4) Un viol absurde et extravagant gomme aussi les rapports de domination capitaliste. Voilà et re-bref.
Le tout avec des passages et dénouements internes abracadabrantesques. On aurait pu se creuser la cervelle pour « creuser » l’histoire et le récit, autour de l’architecture, affiner l’intrigue… C’est dommage.
Ce film n’est pas une remise en cause du modèle américain, mais au contraire sa confirmation capitaliste, avec au passage la lumière braquée sur le racisme. Hé oui, les immigrés sont considérés comme des gueux ; seule adéquation avec la réalité.
On pouvait croire au début qu’on nous emmenait vers le faux pour découvrir le vrai en de subtils chemins détournés. Mais non, cette histoire est simplement mal fichue. Ce serait un beau compliment de qualifier ce film de brutalité, pour expliquer tous les défauts.
Film survendu par la promo.
Laurent Laurent, écrivain.