Milad Alami distille brillamment son scénario avec parcimonie et des acteurs remarquables de justesse. Par contre il prend son temps et ça peut rebuter.
Esmail, un Iranien immigré au Danemark, séduit des Danoises dans l’espoir de s’installer avec l’une d’elle et se faire naturaliser. Il suffirait de deux phrases de plus pour dévoiler l’intégralité de l’histoire. Le scénario n’est pas foisonnant mais pas simpliste pour autant. Ici chaque miette apporte un nouvel intérêt, une nouvelle compréhension. Qu’est ce qui le motive, qu’est ce qui le bloque ? Chaque nouvel élément est apporté de manière sobre et claire, sans expliquer plusieurs fois, sans avoir besoin d’expliciter. Le spoïl / divulgachage est particulièrement néfaste à ce film.
L’histoire est servie à merveille par le jeu des acteurs. Le dilemme moral d’Esmail se lit sur le visage d’Ardalan Esmaili, sans besoin de longs discours. Soho Rezanejad qui joue Sarah, une Irano-danoise qui connait le coup du séducteur, est sublime. Chaque rôle est juste.
Ça sonne juste. Ça ne fait pas dans le pathos. On y croit à cette histoire. Ça donne une humanité à ces hommes qui tentent d’obtenir un visa par la séduction, sans en faire des héros ni les condamner. Les scènes de sexe sont brutes et, au fil du film, ressemblent de plus en plus à des corvées pour le personnage.
Une sobriété scandinave qui ne va pas sans son revers : le rythme. C’est lent, très lent. Le problème de distribuer l’histoire par miettes, c’est qu’au début on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Durant le premier tiers, j’ai lutté contre le sommeil, mon voisin a perdu. Heureusement, l’éveil reprend le dessus quand le scénario se dévoile un peu plus.