En réalisateur particulièrement prolifique et éclectique, Steven Soderbergh ne cesse d'expérimenter et il s'attaque cette fois au monde de l'art en se focalisant notamment sur le vieil artiste désabusé ; trope que l'on a déjà vu maintes et maintes fois au cinéma. Et malgré un réalisateur cherchant toujours à taper dans l'originalité, c'est ici tout l'inverse qui se produit.
Ayant mis de côté les blockbusters depuis un certain temps, Soderbergh nous sert un nouveau film relativement confidentiel qui n’impressionnera malheureusement personne, même ses plus fervents admirateurs. En faisant moi-même partie, je dois avouer que je suis bien déçu de ce film que je trouve globalement plat et qui procure plus d'ennui que d'intérêt.
Les deux enfants opportunistes d'un peintre à la retraite demandent à une restauratrice et critique d'art de fausser le dernier tableau inachevé d'une collection qui pourrait avoir beaucoup de valeur lors de la mort du peintre en question. Sauf que les deux protagonistes - le peintre et la faussaire - se sont déjà croisés par le passé.
Le film tourne ainsi davantage autour de la relation entre les deux personnages mais apporte aussi des questionnements quant à la "véritable" valeur de l'art, les frontières étant souvent étroites entre le faux et le vrai mais également entre de l'art objectivement réussi (même si l'objectivité n'existe pas dans ce domaine, tout est davantage question de sensibilité) ou de l'art relativement opportuniste, c'est-à-dire qui n'a de la valeur que parce-que le peintre a acquis une certaine notoriété. Ce qui soulève l'éternelle question philosophique : qu'est-ce que l'art ?
Malheureusement, le film n'y répond pas ou que partiellement et préfère les joutes verbales entre les deux protagonistes. Ce qui est parfois intéressant mais ne remplit pas une heure quarante. Ainsi, malgré les très bons jeux de Ian McKellen et Michaela Coel, "The Christophers" peine franchement à convaincre et donne un sentiment de film particulièrement oubliable.