Le dernier film de Steven Soderbergh semble avoir été pensé, composé, suspendu dans une élégance un peu froide.
Tout d'abord, le rôle de Lori Butler, joué par Michaela Coel, si distante, silhouette propre et géométrique, avec son imperméable jaune. Incapable de laisser passer la moindre faille humaine, au milieu du désordre de ce vieux ronchon en ruine qu'est Julian Sklar, interprété par Ian McKellen.
Un artiste déchu, qui autrefois a su toucher au talent, parmi certaines œuvres fantomatiques appelées The Christophers.
La vie de Julian Sklar semble à présent perdue, tout comme l'interprétation de Ian McKellen, bien trop théâtrale et fabriquée, entre satire et tragédie, sans jamais trouver la bonne mesure, lorsqu'il n'offre qu'une caricature du génie grincheux.
Paradoxalement, les personnages les plus crédibles sont Sallie (Jessica Gunning) et Barnaby (James Corden), frère et sœur, qui semblent déjà avoir encadré l'héritage de papa avant même sa disparition. Tout ceci avec l'aide et la main de maître de Lori.
The Christophers, qui se voulait parler d'art, de transmission, de vieillissement, de la peur d'être oublié, de faussaires et du souvenir d'une émotion au bout du pinceau, finit par tout embrouiller, ne laissant qu'une toile sans émotion.
Ainsi, on observe l'intérieur d'une maison remplie de photographies anciennes, une histoire retrouvées dans un atelier abandonné, sans parler de la réflexion sur la marchandisation de l'art, qui n’atteint jamais le vrai, comme une peinture aux couleurs toujours fausses.
Au final un film que l’on quitte, comme on quitte une œuvre muette.