Cela fait plusieurs films de Steven Soderbergh que je rate en raison des sorties plus confidentielles en salles ou bien sur des plateformes comme HBO MAX. Pourtant que ce soit Presence, Kimi, The Insider ou Sudden Move, il y a toujours un petit succès d'estime auprès d'un groupe de cinéphiles restreint. J'ai donc fais le déplacement (40 minutes tout de même) lorsque l'occasion s'est présentée de découvrir son dernier effort.
Et bien je ressors assez déçu. Je m'attendais à un film d'arnaque enlevé et jouissif. The Christophers est davantage un huis clos extrêmement bavard sur le rapport de chacun à l'art et de ce qu'il transmet. On retrouve un Ian McKellen misanthrope et affaiblit, jamais loin du cabotinage, qui enchaîne les tunnels face à une Michaela Coel stoïque. La dynamique entre les deux personnages est très étrange, et puisque le film repose essentiellement sur ses acteurs, on peine à s'émouvoir et à s'intéresser à ces toiles plutôt quelconques. Parce qu'en effet, je ne verrais aucunement d'objection à ce que ce film soit directement diffusé sur une chaîne de streaming. Le médium cinéma est très peu utilisé et on sent que c'est un projet tourné à l'économie (à priori 2 semaines de tournage).
Néanmoins, le scénario comporte quelques répliques bien senties et les quelques rebondissements relancent l'intérêt régulièrement bien que soit au détriment de l'émotion. J'ai bien peur d'oublier très rapidement cette séquence théâtrale filmée et bien écrite et de ne pas retrouver tout de suite le cinéaste aux commandes d'un projet d'ampleur au cinéma. Mais mon petit doigt me dit qu'il s'éclate davantage ainsi sur des projets resserrés et gérés à sa manière. Le Dupieux américain !