Ce film est clairement une des dernière réplique du traumatisme du massacre de Columbine (USA) de 1999, plus connue pour avoir été traité dans "Bowling for Columbine" par Michael Moore et "Elephant" de Gus van Sant. Ici, nous avons droit à la vision estonienne de la tragédie qui n'en garde que la conclusion.
C'est avant tout un film traitant du harcèlement scolaire, mais qui ne sera que le précurseur d'un phénomène, qui va dégénérer avec l'arrivée des réseaux sociaux quelques années plus tard. Le film esquisse déjà un peu celui-ci vers sa fin, mais le réalisateur n'avait surement pas conscience de ce que cela allait devenir avec la génération suivante d'élèves. Un scénario collaboratif, qui a été écrit en concertation avec l'ensemble du casting.
Il faut malheureusement constater que ce qui devait avoir l'air cool à l'époque à terriblement mal vieilli, à l'image de la danse techtonic que ces lycéens dansent dans le film. Ilmar Raag tente dans sa mise en scène d'être moderne à grand coup de musique techno, d'images saturées de couleurs et d'un montage épileptique fait de rushs filmés à l'épaule. Une mode au tournant du XXIème siècle, qui aura finalement assez vite vieillie dans son genre ("Trainspotting", "Cours Lola cours", "Go").
Si on peut saluer la démarche et l'intention à dénoncer le harcèlement scolaire, force est de constater que la mise en scène n'est pas très subtile et même assez manichéenne. Je dirais même assez malhonnête dans sa tendance à éviter tout contact avec le monde des adultes qui pourrait nuire à la bonne dégénérescente du sujet. Le script se contentant de leur mettre de œillères ou de les rendre asociales, voir idiots. Du moins sans conséquences sur les actes de ces jeunes entrainés dans un spirale de violence.