Avec The Comedy (2012), Rick Alverson propose un film qui intrigue autant qu’il déroute. À travers le personnage de Swanson, il dresse le portrait d'une génération engluée dans le cynisme et la provocation gratuite. Sur le papier, l'idée m'intéressait beaucoup. Mais à l’écran, j'ai surtout ressenti un profond détachement.
J’apprécie l'audace d'Alverson de refuser toute narration classique et d’assumer une forme radicale. Les longues séquences d’errance et d’humour malaisant traduisent effectivement un profond vide existentiel. Mais au fil du film, j’ai eu l’impression que cette vacuité contaminait aussi l'expérience de spectateur. À force d’étirer le malaise sans réelle évolution, le film finit par devenir répétitif, presque stérile émotionnellement.
Il faut reconnaître que l'esthétique est réussie : lumière naturelle, plans figés, atmosphère étouffante... Mais tout cela m'a semblé trop maîtrisé pour vraiment toucher. J’aurais aimé ressentir autre chose que de l'inconfort devant cette galerie de personnages déconnectés du réel. À mes yeux, la critique sociale, bien que pertinente en théorie, reste froide et distante.
Je comprends ce que The Comedy cherche à dire, et je respecte sa singularité. Mais pour moi, l’expérience n’a pas dépassé l’intention : elle m’a plus anesthésié que réellement interrogé. Un film intéressant pour ce qu'il ose, frustrant pour ce qu'il manque.