J'ai grandi entourée de fictions qui mettaient en scène la relation transhumaine sous toutes ses formes. D'abord, il y a eu K2000, où une voiture autonome et dotée de la parole nommée KITT était la BFF de son conducteur justicier, Michael Knight (David Hasselhoff). Dans ma tête d'enfant, KITT était un être vivant et cette relation transhumaine était tout à fait crédible. Plus tard, je me suis prise de passion pour le film Terminator 2 où un humanoïde (Terminator, campé par Arnold Schwarzenegger), noue une relation filiale avec un jeune orphelin (Edward Furlong). Maintenant, je suis grande, mais je n'ai pas cessé de croire à ces fables qui, heureusement pour moi, sont aujourd'hui légion sur tous les écrans : de Real Humans à Transferts, en passant par Perdus dans l'espace. Partout, des relations romantiques, paternelles, amicales défient l'idée que la machine serait dépourvue d'âme. D'ailleurs, j'ai donné un prénom à mon premier Mac Book Air, et il m'a tenu compagnie pendant 11 ans (Macky, snif).
Pour en revenir au film, c'est de la bonne came pour les fans de SF parce qu'il est truffé de références esthétiques aux canons du genre (la mécanique des robots, la courbe des vaisseaux spatiaux...) Mais le film franchit un pas en "acculturant" ceux qui sont appelés les "simulants" (des IA ou robots avec des traits humains). Ainsi, on peut voir des simulants en pleine procession bouddhiste, procéder à un rite funéraire après la "mort" d'autres simulants.
La force du film est d'amener le débat qui nous est si contemporain sur la supposée menace technologique pour l'espèce humaine. La question est traitée par un détour quasi romanesque, à travers des personnages forts, ambigus, et attachants.
En gros, que vous soyez technophobes ou technophiles, allez-y. C'est juste une jolie histoire.