C'est un véritable coup de coeur, je sors du cinéma époustouflée.
La réussite de The Creator tient selon moi à trois point principaux : un scénario original qui se suffit à lui même, en 2h on a eu une histoire complète, pas de besoin de suites, de prequel, d'univers étendu ; un excellent savoir-faire dans le maniement des codes de la science-fiction (en tant que grande amatrice du genre, c'est avec plaisir que je me love dans ce monde post apo, cette guerre humain·es VS robots, cette quête menée par un héros élu, etc.) ; une pâte visuelle affirmée, loin des productions Netflix, Marvel et Disney et de leurs couleurs pop et saturées, de leurs textures lisses. Ici, il y a du grain et de l'inventivité. L'ensemble produit une balance parfaite entre récit canonique réconfortant où l'on sait à quoi s'attendre et proposition originale avec ses petites touches de fantasies et de nouveautés qui nous permettent de rester en haleine et captivé·es.
À cela s'ajoute quelques suppléments qui finissent de me séduire : une BO formidable qui souligne l'émotion sans l'imposer ; une écriture des personnages touchante et une histoire d'amour à laquelle on croit vraiment ; des acteurices toustes très convainquant·es ; une violence savamment dosée avec une bonne utilisation des hors champ ; des décors naturels sublimes et rafraichissants (quel plaisir de voir l'action d'un blockbuster de SF se dérouler ailleurs qu'aux Etats-Unis !).
Pour ajouter un tout petit peu de nuance, on pourrait regretter que le personnage féminin principal (l'un des rares) ait un rôle profondément lié à la maternité, soit relégué à la passivité pendant la majeure partie du film et serve avant tout de faire-valoir au héros masculin. Et puis on pourrait aussi se demander si The Creator suscite en moi un tel enthousiasme parce qu'il s'agit fondamentalement d'un excellent film, ou bien si l'ensemble des productions de ce type nage tellement dans la médiocrité depuis quelques années qu'il suffit d'être simplement sympathique pour passer pour un chef-d'oeuvre.