J'ai rarement été aussi frustré qu'au sortir du visionnage de The Creator, et ne peut m'empêcher d'en vouloir à Gareth Edwards.
Frustré, car le film est novateur et tente vraiment de créer une ambiance, tant sur le plan sonore (avec vraiment des innovations) que sur l'habillage. On sent une réelle envie de s'affranchir des caricature du genre Action/SF, avec parfois quelques ressemblances avec son grand frère Dune dans l'écriture. Le découpage en 4 parties tout aussi atypique permet de séquencer le visionnage et souligne les changements de direction de Joshua.
Gareth Edwards nous offre aussi une double lecture, avec la critique de la puissance militaire américaine (ressemblance notamment avec la guerre du Vietnam), et de la puissance nucléaire graçe à Nomad qui est une menace permanente.
Oui mais voila, c'est beaucoup trop brouillon. Le rythme est chaotique, tantôt l'histoire n'avance pas, tantôt elle le fait trop vite (comme exemple caricatural le moment ou l'on entend pas ce que Joshua murmure à l'oreille d'Alphie, alors que c'est expliqué quelques secondes plus tard???). Il y à aussi des moment très confus: pourquoi Haroun appelle Joshua son frère? Pourquoi Joshua confond Maya avec une vieillarde? Comment Alphie est sauvé après s'être fait tiré dessus? Beaucoup d'approximations qui m'on fait décroché petit à petit.
Tout comme Dune, le film jouit d'un contexte politique omniprésent en arrière plan, mais ici rien n'est expliqué, du coup on se perd un peu dans le pourquoi de cette guerre (dont on ne sait finalement même pas si elle est lancée par les hommes ou par les robots). Même chose pour le couple Joshua/Maya. La mise en scène de leur relation n'offre aucun passé, ils se seraient rencontrés la semaine dernière que ça n'aurait pas été surprenant.
Trop de sujets sont survolés (le thème de l'IA pourtant prometteur, l'histoire des personnages qui font du coup très superficiels...).
Pour synthétiser, c'est un film clairement décevant malgré une introduction prometteuse. C'est à l'image de Tenet par exemple (pour lequel j'ai à peu près la même critique), ou le réalisateur, à force de vouloir trop en mettre plein la vue, met en évidence des problèmes scénaristiques évidents. Gageons pour Gareth Edwards qu'il saura affiner et simplifier sa narration, en conservant les qualités visuelles et sonores indéniables de The Creator.