The Damned
5.5
The Damned

Film de Thordur Palsson (2024)

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Approche intéressante : il s'agit d'un film de guerre, soustrayant au maximum tout ce qui constitue le film de guerre traditionnel (les combats de proximité, profusion de morts et blessés, discussions tactiques, cartographie, etc). Le récit et les paysages sont dépourvus d'épreuves tragiques, pour mettre l'accent sur le rapport psychologique et physique des soldats à cet environnement. Les silences (qui valent bien mieux que les dialogues) se font nombreux, le rapport au corps et à la chair est récurrent dans cette aventure éprouvante, et il y a même la volonté de trouver un caractère rassurant au collectif. Parce que LES DAMNÉS se concentre beaucoup sur le temps long qui accable les personnages, et sur la mort lente (mais certaine) qui les poursuit. Cette intimité du collectif est alors tel un purgatoire avec des âmes éreintées, un simili western de fantômes.

Mais la particularité de ce film de guerre est l'influence documentaire très claire. Toujours au plus près des personnages, la durée de chaque plan et de chaque scène en laissant des silences et des temporisations se marquer, une volonté de mettre en scène des gestes ordinaires et anodins tout en faisant mine de chercher quelque chose de spontané, etc. Toutefois, l'influence documentaire persistante empêche la fiction d'aller au-delà de la contemplation, de poser un regard désolé / désabusé dès le début. La fiction n'arrive pas à se détacher d'un certain empilement d'instantanés, au point de ne jamais dépasser le simple concept élaboré. Au bout du compte, LES DAMNÉS ressemble bien trop à une reconstitution inaboutie, à une succession d'illustrations de son postulat esthétique. Mais cela ne peut suffire, surtout quand le paysage est trop souvent flou. Un comble pour un film qui cherche à s'y attarder et à confronter ses personnages à celui-ci. Ainsi, ses personnages sont perdus dans les paysages, mais sa la caméra est tout aussi perdue à confondre chaque espace et à ne pas en faire ressortir ses spécificités. LES DAMNÉS est comme ses personnages, à constamment se demander où il va.

teddy_devisme
5
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le 10 août 2026

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Teddy Devisme

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