Tout d’abord, je souhaite à tous mes éclaireurs une bonne année et tous mes vœux riche de découvertes, remplie de culture pour 2026.
« The Dark Knight Rises », film qui a été le plus attendu de 2012, a été mon premier visionnage de ma part fin 2025.
Filmé à New York, Pittsburgh, Los Angeles, Nottingham, Londres, au Pays de Galles, en Ecosse et à ...Jodhpur en Inde (!), il a également été tourné deux fois plus en IMAX (plus de la moitié du film) que pour « The dark knight », son prédécesseur, pour un rendu certes saisissant de réalisme.
Il n’en est rien, ce troisième épisode a été pour moi beaucoup trop lisse dans sa globalité.
Tout d’abord, Christopher Nolan se base sur un méchant qui pouvait avoir du poids mais il est trop vite balayé par les artifices sur lesquels il se base : son ossature avait tout pour fonctionner (ses origines, sa mâchoire d’acier, son temple souterrain et les ténèbres, ...), mais là, le réalisateur de « Dunkerque » se manque et ne propose pas un méchant d’envergure, Nolan proposant juste la caricature du méchant.
Si Batman sort de sa retraite, ce n’est pas pour assouvir une quelconque vengeance, c’est ici, pour mieux dissiper un malentendu, mieux enterrer son premier ennemi dans « Batman begins » qui se fait l’apologie du crime de Gotham city, ce que le Joker de « The dark knight » sublimait rien que dans son personnage.
Bane, lui, n’a qu’une obsession : détruire Gotham. Batman renaît de ses cendres pour mieux disparaître au final.
Une sorte d’apothéose en quelque sorte qui n’en est finalement pas une : Bane n’est pas l’antithèse de Batman et Nolan ne propose pas un duel à mort et au sommet mais plutôt un duo de cinéma à l’ancienne, très 90’s, soit le bon contre le méchant.
Le réalisateur, scénariste de tous ses projets (!), détruit en quelque sorte « The dark knight » pour offrir dans ce troisième opus un vague retour en arrière, et un vague à l’âme qui se dessine sous les hospices de Gotham city. Piètre dédommagement Monsieur le réalisateur… .
Dans le rôle du méchant, Bane, un Tom Hardy (s’il fait ses débuts dans « La chute du faucon noir » chez Ridley Scott, il trouve avec « Bronson » l’un de ses premiers grands rôles. S’ensuit « Inception », « La taupe », « Des hommes sans loi », « Mad Max fury road », « The revenant », la trilogie « Venom ») totalement inexpressif. Ce qui le sauve ? Sa mâchoire d’acier, sa taille, son armure… ses accessoires en d’autres terme. Un méchant terne, bien trop passif comparé à la folie furieuse d’un Heath Ledger dans le précédent volet.
Pas de gimmick, pas d’expression, un regard vide : Tom Hardy est ici ce méchant basique, malgré ces intentions peu amènes, auquel je n’ai pas cru pour un sou !
Tellement Bane !
Christian Bale (« L’empire du soleil », « Shaft », « Capitaine Corelli », « American bluff », « Le Mans 66 »… est l’acteur qui aura incarné le plus de fois -trois fois !- l’homme chauve-souris au cinéma) est ici ce Batman qui se contente du minimum syndical et n’est en aucun cas relevé par la bane attitude de Tom Hardy.
C’est sur son Bruce Wayne qu’il est davantage investi, un personnage usé par la carcasse de Batman qu’il a traîné jusqu’ici. Un Wayne usé par la vie, blessé, et qui n’a que faire du passé. Revenir plus fort, telle est sa devise.
Bale n’est pour moi plus un Batman, mais plus un Bruce Wayne à vendre aux enchères. Joker ! (héhé… !)
Michael Caine (« Mes funérailles à Berlin », « L’or se barre », « Un pont trop loin », « Austin Powers dans goldenmember », « Tenet »… nul ne peut passer à côté de cet acteur vétéran !) est toujours ce Sir Alfred agréable et plaisant à retrouver avec cette touche so british en terme d’acting : une belle prestation, touchante, délectable, savoureuse. « Ce que Michael a toujours apporté au personnage d’Alfred, c’est son grand cœur » selon Nolan, le producteur délégué de « Justice league ».
Gary Oldman (inénarrable méchant des 90’s : « JFK », « Léon », « Le cinquième élément », « Air force one »...) incarne un commissaire Gordon à fleur de peau, vibrant, touchant, émotif et c’est tout à son honneur ! Que la gloire s’abatte sur Gotham pour rendre à Gordon ce qui appartient à Gotham : la paix, et surtout, une justice ...équitable. Vive Gotham, vive Gordon !
Morgan Freeman (qui a toujours été du bon côté de la loi pour « Johnny belle gueule », « Seven », « Le collectionneur », « Le masque de l’araignée » et « Crimes et pouvoir » notamment), même s’il est laissé à l’abandon par Nolan dans ce rôle de Lucius, grâce à son talent, il arrive à se relever et à impulser une forme de respect dès qu’il apparaît à l’écran : la marque des grands acteurs, tout simplement.
Michael Caine-Gary Oldman-Morgan Freeman, c’est un trio qui, le moment d’une courte scène, se retrouve devant la caméra. Un trio qui fait plaisir à voir et qui montre que le cinéma est écrit pour ce genre de rencontre. Un très beau plaisir que Christopher Nolan m’a donné.
Je peux noter la présence d’autres acteurs/actrices dans ce casting qui ne sortent pas du tout du lot. Très étonnant de la part de leur calibre. Je parle pourtant de Joseph Gordon-Levitt, Anne Hathaway, Marion Cotillard, Matthew Modine et Ben Mendelsohn.
La toujours très belle musique d’Hans Zimmer (compositeur originaire de Francfort qui a fondé la célèbre société d’enregistrement Remote et qui a ainsi lancé nombre de musiciens parmi lesquels Klaus Badelt, Nick Glennie-Smith, Mark Mancina, mais aussi le groupe français Daft Punk ou encore l’américain Pharrell Williams), ici non accompagné de James Newton Howard pour ce troisième opus, met toujours en avant l’aventure et la déchéance de Gotham et nous attache toujours autant aux rebondissement de l’histoire grâce à ses synthétiseurs et à sa musique organique qui nous prend aux tripes et cette faculté de nous faire basculer dans un film est tellement bien maîtrisée qu’on est happé par l’histoire que nous conte Christopher Nolan.
Ici, ce n’est pas la mise en scène qui nous happe, mais bien cette musique si bien orchestrée et cette bande sonore, mixée avec des effets de cisaillement, de mise en feu de fusillades, de bruit d’hélicoptères, d’effets de mélodies zimmeriennes sous couvert d’aventures, d’effets explosifs…, qui a l’art de nous envoûter.
Merci Hans !, et merci aux ingénieurs sons de nous inviter à cette réception. Sonoriquement vôtre !
Ne pas oublier, surtout, sur cette trilogie, la mention très spéciale à la ligue des ombres (eh oui !), l’équipe de l’ombre sans qui l’univers Batman n’aurait été possible de réaliser. Je parle bien sûr du département technique : directeurs artistiques, décorateurs, costumiers, maquilleurs, accessoiristes, … . Tout ce monde chapeauté par le/les production designer (en français, concepteur de production), ici le trio chefs décorateurs et costumier, soit Nathan Crowley, Kevin Kavanaugh et Lyndy Hemming, présent depuis le premier opus !, sauf pour Kevin mais qui a commencé sa carrière grâce à Coppola sur « Le parrain 3 » !
Les prises de vue de Gotham, ses ruelles et ses souterrains, le manoir de Bruce, l’équipement de Batman, ses tenues, ses accessoires, le monde qui l’entoure (ici, le machiavélique Bane et ses disciples), les éclairages… tout ce qui concourt à la réussite de l’univers, et de l’histoire, toutes ces petites mains (que je n’ai pas cité mais présent au générique final) sans qui Batman ne serait ni chair ni os (de la scène d’ouverture à la finale, une certaine explosion… !).
La mise en scène se fait ici vous l’aurez compris de manière basique, sans état d’âme et sans incorporer un fond sociétal, de dystopie, de démence de réalisation, d’intelligence de jeu et de dupes.
La mise en scène est sans ingrédients : sans sel, sans poivre, sans mayonnaise. Elle ne prend pas, ne se fait pas, se creuse, s’alourdit parfois (à l’image d’un Tom Hardy si Bane), ne se relève jamais (contrairement à Bruce Wayne), ne se digère pas (contrairement à la finesse de jeu du trio Caine-Oldman-Freeman), ne s’enhardit pas (alors que Bruce Wayne, oui !).
La réalisation reste plate et Christopher Nolan de s’enorgueillir car il nous ressert le couvert de ce qu’il avait déjà servi dans « The dark knight » mais ici de façon tellement plus vain que l’on ressort essoré de ce trip que le metteur en scène de « Doodlebug » (son premier court-métrage) voulait sans doute faire en trois volets : la mise en orbite de Batman sur « Batman begins », l’affrontement de ses propres démons sur « The dark knight » et son retrait sur « The dark knight rises ».
Si les deux premiers opus pouvaient se targuer d’être une révolution à eux tous seul dans le domaine du cinéma d’action, de science-fiction et de fantastique, la clôture de la trilogie ‘Batman’ des 2010’s est le ratage total de cette série à lui tout seul. Un trompe-l’œil pour ainsi dire.
Néanmoins, « The dark knight rises » reste ce divertissement honorable concocté par un réalisateur qui n’en n’est pas à son coup d’essai et s’y connaît en terme de spectacle (les scènes d’action sont toujours aussi précises).
Ce n’est pas une daube, loin de là : il s’agit d’un divertissement, bas de gamme après le chef d’œuvre contemporain « The dark knight », mais d’un divertissement qui sait s’apprécier même si la mayonnaise ne prend pas.
Christopher Nolan a voulu finir sa trilogie, ce troisième épisode s’appuie trop lourdement sur les fondations que l’artisan-réalisateur a révolutionné bien malgré-lui.
Le metteur en scène de « Quay » (son second court-métrage) s’appuie malgré tout sur un final en forme d’ellipse (avec Sir Alfred en Italie) pour nous faire réfléchir sur le sens de la vie, d’une vie. A batailler. A réfléchir. De qui sont les héros ? Sont ils le fruit du hasard ? Ou nous invitent ils à les connaître ?
Nolan nous pose la question en trompe l’œil pour mieux nous berner, nous amener à réfléchir sur le sens de l’existence.
Bel exercice de style ...une minute avant le générique final !
Finalement, « The Dark Knight Rises »(2012), troisième tableau ronronnant et ‘divertissement-somme’ spectaculaire, est la conclusion d’une belle trilogie et de bon calibre qui marque la fin de l’ère Batman selon Christopher Nolan qui part avec ce sentiment monumental de l’exercice accompli.
Accord parental souhaitable pour cette trilogie que j’interdis aux moins de 12 ans.
Spectateurs, Batman pour un jour, Nolan pour toujours ?
PS : je suis allé dans les salles obscures le dernier jour de l’année 2025 pour aller voir « Avatar 3 » en 3D. Mon ressenti ? Visuellement éblouissant, James Cameron donne dans la pleine mesure du divertissement et du spectaculaire pour nous en donner plein la vue. Malgré ses ressorts dramatiques connus (la famille, le deuil…), le metteur en scène de « Terminator » frappe dans le mille, ne s’entache pas de réflexions profondes sur le bien et le mal, et galvanise son troisième opus en un sanctuaire pandorien intouchable, sauf par lui. A malin, malin et demi : où est passé Jake Sully ? En nous ! James Cameron ...ou l’art du cinéma dans sa belle splendeur. Action !
Le rapport avec « The dark knight rises » ?
Russell Carpenter, le chef opérateur de « Avatar 3 » a également mis en lumières les talents de Van Damme dans « Chasse à l’homme ». JCVD a quant a lui doublé un certain Maître Croc pour « Kung fu panda 2 » dont la musique est signé par le non moins connu allemand Hans Zimmer.
J’ai cherché, ...et j’ai trouvé !