Parler du dernier long métrage de Hong Sang-soo est un non-sens, puisqu'il y en a toujours un autre qui patiente, prêt à être présenté en festival, Locarno, en l'occurrence. The Day she returns, dans un noir et blanc impeccable, touche à l'épure. Une actrice, de retour à l'écran après une éclipse de douze ans, se prête au jeu de l'interview successivement avec trois jeunes journalistes. Ce sont plutôt des conversations à bâtons rompus, où il est moins question de cinéma que de philosophie de vie et sur la nécessité de s'aimer soi-même, avant toute chose. L'actrice se confie sur des questions très personnelles et l'intervieweuse devient parfois l'interviewée. Une suite d'échanges et de considérations autour d'un divorce, des chiens et de la qualité des bières allemandes. La mise en abyme finale pose la question de la représentation et de la sincérité. Rien n'est jamais banal chez Hong, tout est flottant, au fond, dans des variations souvent infimes de phrases et de situations aux confins de la répétition. Chacun de ses films est comme une nouvelle brique dans une œuvre en constante construction. Comme toujours avec lui, la fascination ou l'ennui prennent le dessus, c'est selon les goûts. Mais la persistance des thèmes et la fidélité aux échanges en milieu tempéré font de Hong un maçon dont la maison est toujours délicatement habitée.

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le 16 juil. 2026

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