The Decoy Bride de Sheree Folkson (2012) est l’illustration parfaite de ces films qui, sous couvert de charme british, échouent à cacher leur vide scénaristique. Malgré une affiche engageante et un casting prometteur, le résultat est d’une fadeur déconcertante, et justifie amplement la note sévère de 3,5/10 que je lui attribue.
Dès les premières minutes, le film s'enlise dans une comédie mécanique où les ressorts humoristiques semblent recyclés sans aucune fraîcheur. Le concept de la fausse mariée, pourtant riche en potentiel burlesque et émotionnel, est traité avec une paresse désarmante. Les situations s’enchaînent sans véritable montée en puissance, et l’humour, attendu comme un moteur, s'effondre en blagues téléphonées et en gags poussifs.
Sheree Folkson, bien qu’habituée aux productions légères, ne parvient jamais à instaurer un rythme crédible ou une tension romantique authentique. Le ton oscille maladroitement entre la parodie et la romance classique, sans jamais choisir son camp. Résultat : ni le rire ni l’émotion ne prennent racine. C'est d’autant plus frustrant que Kelly Macdonald, pourtant lumineuse et douée, se débat dans un rôle trop étroit pour elle, tandis que David Tennant semble en pilotage automatique, comme perdu dans une caricature de gentleman malmené.
Sur le plan visuel, si les paysages de l’île de Hegg (fictive mais joliment filmée) apportent quelques respirations esthétiques, ils ne suffisent pas à masquer l’indigence d’un scénario qui tourne à vide. Même l’environnement insulaire, pourtant fertile en situations cocasses, est sous-exploité au point d’en devenir presque décoratif.
En fin de compte, The Decoy Bride laisse une impression tenace d’amateurisme et d’inabouti. C’est un film qui ne parvient jamais à justifier son existence autrement que par une esthétique mignonne et quelques scènes d’une tendresse trop sporadique pour sauver l’ensemble. Plus irritant que véritablement mauvais, il s’enlise dans une médiocrité sans ambition qui le condamne à l’oubli.