En voilà une bonne surprise ! J'avais vu "Hellbender" des mêmes metteurs en scène qui ne m'avait pas convaincue. Il n'en est rien avec "The deeper you dig".
Malgré un budget restreint, Adams et Poser offrent une oeuvre enthousiasmante à tous les niveaux : l'interprétation est top (avec les deux réalisateurs dans les rôles principaux) et les personnages sont crédibles et bien développés; la photo est magnifique et rend justice à des paysages naturels époustouflants (le début sous la neige est de toute beauté); l'histoire est passionnante et malgré le rythme lent, on ne s'ennuie jamais; les effets spéciaux et les maquillages sont peu nombreux mais bien utilisés et de qualité.
L'histoire commence comme un drame humain très simple - un homme ivre renverse une ado avec sa voiture et cache son cadavre - qui va se compliquer avec l'irruption brutale du surnaturel à travers la jeune fille qui revient hanter Kurt le chauffard et Ivy la mère qui utilise la sorcellerie pour retrouver sa fille. J'ai beau avoir vu "Hellbender" avant, j'ai été surprise par l'apparition soudaine du fantastique dans l'histoire. Celle-ci réussit à mêler sans problème drame psychologique et surnaturel jusqu'au dénouement. Kurt et Ivy vont se rencontrer à plusieurs reprises et leurs personnages gagnent en épaisseur. L'irruption du fantastique n'empêche pas l'histoire d'être ancrée dans le réel et les personnages de rester humainement crédibles. Le mélange fonctionne bien. On finit par s'attacher aux deux personnages, même à Kurt à qui le cadavre d'Echo va faire baver des ronds de chapeau.
A propos de réalisme, on découvre que cacher un cadavre est loin d'être une sinécure. Les réalisateurs prennent un malin plaisir à montrer Kurt confronté à des problèmes très triviaux inédits pour lui : creuser une tombe à l'extérieur en hiver, traîner un cadavre sur le sol... De plus, suite aux manifestations post-mortem d'Echo, Kurt se voit contraint d'enterrer et déterrer le cadavre d'Echo à de multiples reprises - ce qui entraîne des détériorations. J'ai adoré ce souci du réalisme. Cet aspect sensoriel et viscéral contraste fortement avec l'aspect magique de l'histoire.
Sincèrement, ce fut 1h35 de pur plaisir, sans un nuage pour gâcher l'expérience.