Le début se veut étonnamment mignon, où l'on apprend à découvrir la rencontre de ce couple, teinté de maladresse et de malaise, ce qui lui donne un certain charme. Jusqu'à l'arrivée de ce fameux drame, qui rendra la situation franchement gênante, où les actions d'une personne seront plus sévèrement jugées que les autres, le fameux deux poids deux mesures, assez injuste en l'occurrence, mais nous vivons dans une société. Cela rendra nos deux futurs mariés dans une situation assez inextricable. Avec un Robert Pattinson qui ne sait plus où donner de la tête, toujours mal coiffé avec ses épis, et ses vêtements froissés mal positionnés, j'avoue que j'adore sa dégaine, et je le trouve particulièrement charmant dans sa maladresse et dans son désarroi. Zendaya se voudra plus renfermée, on pourrait même croire qu'elle est un peu effacée dans ce film, mais on ressentira toute l'anxiété qui pèse sur elle, et ce jugement autour d'elle.
Le film se permettra d'aller dans le glauque, comme ces scènes bizarres où Pattinson se retrouve avec la version plus jeune de Zendaya, où il y a une atmosphère légèrement tordue.
J'aime beaucoup comment se termine le film, et je trouve même cela très fort. Borgli a toujours beaucoup de compassion pour ses personnages (pas tous vraisemblablement...), et malgré leurs déboires, je m'identifie beaucoup à eux, dans ces personnages maladroits et pathétiques, qui n'en ressortent que plus vrais.
J'aime beaucoup le montage aussi, avec ces coupures sèches de scènes, savamment bien placés.
Bref, Kristoffer Borgli, après Sick of Myself et Dream Scenario, continue à nous faire rire et critiquer la société à sa manière, dans cette espèce de cynisme humaniste. C'est toujours drôle, agréablement gênant, et pas mal pertinent.
(Vu le 7 avril 2026 en VOSTFR au cinéma)