On sent sourdre quelque chose, quelque chose de malsain, dans ce récit aux accents médiévaux entre-féministe et antiféministe, d'abord antichrétien en apparence pour se faire très chrétien, porté par deux vedettes de Games of Throne dont les personnages puisent leur onomastique chez Shakespeare ou le roman arthurien, sur une partition bien plus calme et lente, ponctuée çà et là de quelques effets-bus qui veulent générer le choc.
On sent sourdre quelque chose, quelque chose de malsain, certes ... mais, quoi, au juste ?
C'est un peu tout le problème de ce récit de quasi-naufrageuses et pillardes de petits chemins de campagne, réduites au meurtre par la mort du fils et mari parti en croisade, teinté et d'une relation à la sauce Lady Chatterley sans la classe sociale et des vas-et-viens entre deux cauchemars d'un chevalier dont on ne saurait dire exactement s'il est allégorique ou de chair et d'os. Ce film mal nommé car moins dans le "dreadful" en soi que sur son analyse distanciée, est à lire comme un conte. Un conte qu'on devrait plutôt nommer "greedful"
On sent sourdre quelque chose, quelque chose de malsain, certes ... mais, quoi, au juste ?
Le film est beau, à n'en pas disconvenir, parfois très pictural, nourris de tableaux préraphaélites. Mais ses signifiances de même que sa signification échappent ...
À moins que ...
Car le très prévisible twist pas si final d'ailleurs change le métrage en conte morbide sur la cupidité qui tue, qui enferme, qui rend malade, qui déforme et qui - au sens littéral - brûle !
C'est dans cet aspect tardif, dans sa fantasmagorie gothique et grotesque finale, où les tableaux se font plus sombres et regorge d'enfin plus de matière, de ténèbres réellement surnaturelle.
Tout au long, ç'aura été une sorte de policier ignoré derrière l'aventure naufrageur et les souvenirs d'un triangle amoureux enfantin, une tragédie sur le retour de bâton du mal provoqué par l'envie, la jalousie, la cupidité. Et le masque, le casque, qu'elles revêtent pour se justifier.
Un film long donc, parfois ennuyeux, à voir pour son très bon final où l'explicit rend le tout, à défaut de nous y préparer dans les règles de l'art, in fine, extrêmement attrayant. Malgré une toute dernière scène qui, pour ouverture, se fait contradictoire ...