Après quatre ans d'études en Europe, Brian , punk et désormais straight edge, revient dans sa ville natale en espérant décrocher un job. Mais les choses ont bien changé depuis son départ, un conflit violent sévit désormais au sein de la jeunesse locale entre deux factions : d'un côté les straight edge, qui disent non à l'alcool et la drogue, cheveux ras ou gominés, avec t-shirts Judge, Indecision et Gorillas Biscuits ; de l'autre les punks, avec mèches qui pendouillent, canette de bière à la main et patches Assück, Dropdead et Econochrist. Brian se retrouve entre deux feux et veut faire cesser ces rivalités absurdes qui semblent belles et bien irréconciliables . Va-t-il y parvenir ?
Le résumé prête bien sûr à sourire et, entendons nous bien, cinématographiquement parlant The Edge of Quarrel, aka le West Side Story du hardcore, ne veut pas grand chose. On est devant un film de potes avec tout ce que ça peut impliquer en terme de jeu approximatif, dialogues qui sonnent faux ou plans trop longs pour rien. Mais si on le prend en tant que témoignage d'une scène et d'une époque - le hardcore de la fin des année 1990, qu'on est familier avec cette musique, qu'on a connu (ou connait toujours) ces gens, c'est impossible de pas tomber sous le charme de cette bande VHS un peu naïve - tournée en Hi-8 bien sûr - qui pue la passion et la sincérité.
On y retrouve plein de kids de la région de Seattle, Rocky Votolato dans le rôle principal et notamment des membres d'Undertow (John Pettibone), Murder City Devils (Dann Gallucci, Spencer Moody), Botch, Harkonen, The Blood Brothers... Dont la plupart sont dans la bande-son, quand on a pas carrément le droit à des scènes de concert (Trial, Botch et The Murder City Devils).
On se marre devant le ridicule des situations, on admire les noms de groupe sur les affiches et les fringues et on savoure la musique. Et au final, j'étais même surpris de voir les 2h (!) passer comme une lettre à la (punk) Poste.
La violence du film va culminer dans une improbable séquence où un straight edge s'infiltre dans une soirée punk en mode 21 Jump Street pour pisser ni vu ni connu dans un flacon de gel douche, sortir un étron roulé dans du papier alu pour en mettre dans un tube de dentifrice et - âmes sensibles s'abstenir - rayer des vinyles de Negative Approach et Filth avec un cran d'arrêt. Il était vraiment temps que Brian revienne pour intervenir.